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De nouvelles manifestations en Iran alors que la panne d’Internet persiste

Téhéran est le théâtre de manifestations d'une ampleur inédite depuis plus de trois ans, malgré une répression croissante et une coupure d'internet généralisée. Les protestations, déclenchées par des difficultés économiques, s'intensifient et appellent ouvertement à la chute du…

De nouvelles manifestations en Iran alors que la panne d’Internet persiste

Téhéran est le théâtre de manifestations d’une ampleur inédite depuis plus de trois ans, malgré une répression croissante et une coupure d’internet généralisée. Les protestations, déclenchées par des difficultés économiques, s’intensifient et appellent ouvertement à la chute du régime islamique.

Samedi 10 janvier 2025, des rassemblements massifs ont de nouveau embrasé le nord de la capitale iranienne. Des vidéos authentifiées par l’Agence France-Presse (AFP) montrent des manifestants allumant des feux d’artifice et frappant des casseroles, scandant des slogans en faveur d’une restauration de la monarchie.

Des témoignages et des images diffusées sur les réseaux sociaux, bien que difficiles à vérifier de manière indépendante, font état de manifestations similaires dans d’autres quartiers de Téhéran, ainsi que dans les villes de Mashhad, Tabriz et Qom. Dans la ville de Hamedan, un manifestant a été aperçu brandissant le drapeau iranien de l’ère du Shah, orné du lion et du soleil.

L’opposition en exil se mobilise également. Reza Pahlavi, fils du Shah déchu, a appelé à des actions plus ciblées ce week-end, exhortant les Iraniens à « s’emparer et à tenir les centres-villes ». « Notre objectif n’est plus seulement de descendre dans la rue », a-t-il déclaré dans un message vidéo.

Les autorités iraniennes ont initialement appelé à la « retenue » et promis d’examiner les doléances exprimées par les manifestants, mais ont durci leur position face à la persistance des protestations. Des groupes de défense des droits humains s’inquiètent d’une intensification de la répression, signalant un recours accru à la force meurtrière contre les manifestants, aggravé par la coupure d’internet qui dure depuis 48 heures.

Amnesty International analyse des informations « alarmantes » concernant l’utilisation excessive de la force par les forces de sécurité. L’Organisation iranienne des droits humains, basée en Norvège, affirme qu’au moins 51 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations le 28 décembre, avertissant que le bilan réel pourrait être plus élevé. Des images de corps retrouvés à l’hôpital Alghadir, à Téhéran, ont été diffusées par l’organisation.

Des slogans anti-gouvernementaux, dont « Mort à Khamenei », ont résonné dans le quartier de Saadatabad à Téhéran, tandis que des automobilistes exprimaient leur soutien en klaxonnant. Des incidents isolés ont été signalés, comme le remplacement temporaire du drapeau iranien par un drapeau de l’ère du Shah sur l’ambassade du pays à Londres.

Le président américain Donald Trump a exprimé son soutien au mouvement de protestation, déclarant sur son réseau social Truth Social : « L’Iran regarde vers la LIBERTÉ, peut-être comme jamais auparavant. Les États-Unis sont prêts à aider !!! ». Il avait précédemment averti que l’Iran était en « grande difficulté » et laissé entendre la possibilité d’une nouvelle intervention militaire, après avoir soutenu Israël dans sa guerre de 12 jours contre la République islamique en juin.

Les autorités iraniennes ont dénoncé les « vandales » et accusé les États-Unis d’alimenter les troubles. La télévision d’État a diffusé des images des funérailles de membres des forces de sécurité tués lors des manifestations, ainsi que des images de bâtiments incendiés. L’armée iranienne a affirmé qu’elle « protégerait et sauvegarderait vigoureusement les intérêts nationaux ».

La situation est suivie de près par la communauté internationale. La chef de l’Union européenne, Ursula von der Leyen, a exprimé le soutien de l’Europe aux manifestants iraniens et condamné la « répression violente ». Un habitant de Téhéran a déclaré samedi, au début de la semaine de travail en Iran, qu’il ne pouvait pas accéder à ses e-mails professionnels, commentant : « C’est le prix à payer avant la victoire du peuple. »

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.