Publié le 11 janvier 2026 à 01:56:00. Des milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs villes américaines pour dénoncer la mort d’une femme abattue par un agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’agence américaine chargée du contrôle de l’immigration, et pour protester contre la politique d’expulsions de l’administration Trump.
- La mort de Renée Good, 37 ans, abattue par un agent de l’ICE mercredi, a déclenché une vague de colère et de manifestations à travers les États-Unis.
- Plus de 1 000 événements de protestation étaient prévus dans le pays sous le slogan « ICE, Out for Good ».
- L’administration Trump tente de justifier la mort de Mme Good en la présentant comme une menace, une version contestée par les autorités locales et des images disponibles.
La tension monte aux États-Unis après la mort de Renée Good, une mère de famille abattue par un agent de l’ICE dans le Minnesota. L’incident a ravivé les critiques envers les méthodes de l’agence et la politique migratoire de l’administration Trump, jugée particulièrement sévère.
À Minneapolis, berceau de la contestation, des milliers de manifestants ont bravé le froid glacial pour se rassembler près du lieu de la fusillade. Ils ont scandé le nom de Renée Good et brandi des pancartes exigeant le départ de l’ICE du Minnesota. Des rassemblements similaires ont eu lieu à Boston, Philadelphie, New York et Washington, attirant des dizaines, voire des centaines de personnes.
Les manifestants dénoncent l’usage excessif de la force par les agents de l’ICE. À Boston, Alex Vega a déclaré :
« L’ICE a tiré au visage sur des femmes pour se défendre. Cela n’a aucun sens. »
Alex Vega, manifestant
Il a même lancé un défi :
« Laissez-les venir ici avec ça, et voyons ce qui va réellement arriver à ICE. »
Alex Vega, manifestant
À Philadelphie, les manifestants ont défilé sous la pluie depuis l’hôtel de ville jusqu’au bureau local de l’ICE. D’autres actions étaient prévues pour le lendemain.
Le mouvement de protestation est amplifié par l’organisation « No Kings », un réseau de groupes de gauche qui avait déjà orchestré des manifestations nationales contre Donald Trump l’année précédente.
L’administration Trump tente de minimiser l’incident et de justifier l’action de l’agent de l’ICE. Elle présente Mme Good comme une « terroriste domestique » et affirme que l’agent agissait en légitime défense. Cette version des faits est vivement contestée par les autorités locales, qui affirment que les images disponibles montrent que le véhicule de Mme Good s’éloignait de l’agent et ne constituait pas une menace.
Des images de vidéosurveillance, apparemment filmées par l’agent lui-même, montrent une interaction entre l’agent et Mme Good, qui avait bloqué la route avec sa voiture. On peut l’entendre dire :
« Je ne suis pas en colère contre toi. »
Renée Good
Puis, un autre agent ordonne à Mme Good de sortir du véhicule, elle tente de partir et des coups de feu retentissent. La Maison Blanche maintient que la vidéo confirme la légitime défense, même si le moment précis de la fusillade n’est pas clairement visible.
Drew Lenzmeier, un manifestant à Minneapolis, a exprimé son inquiétude face à l’évolution de la situation :
« J’ai le sentiment que nos droits nous sont retirés et que nous nous transformons en une dictature autoritaire. Personne n’empêche désormais l’administration Trump d’assassiner des citoyens, de voler et d’enlever des êtres humains. Il est temps d’arrêter. »
Drew Lenzmeier, manifestant
Vendredi soir, des centaines de personnes se sont rassemblées devant des hôtels de Minneapolis où logeaient des agents de l’ICE, perturbant la tranquillité publique avec des sifflets, des haut-parleurs et de la musique. Plusieurs personnes ont été arrêtées puis rapidement relâchées, selon la police.
Les autorités et les habitants du Minnesota s’inquiètent également du fait que le FBI ait exclu les forces de l’ordre locales de l’enquête sur la fusillade. Selon The Trace, un média spécialisé dans la violence armée, Renée Good est la quatrième personne tuée par des agents fédéraux de l’immigration depuis le début de la politique d’expulsion de l’administration Trump. Sept autres personnes ont été blessées.
Un autre incident a eu lieu jeudi à Portland, dans l’Oregon, où deux personnes ont été blessées par des coups de feu tirés par la police fédérale des frontières lors d’un contrôle routier.



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