Publié le 11 janvier 2026 à 07h24. L’Iran est le théâtre de manifestations d’une ampleur inédite depuis 2019, réprimées avec violence par les autorités. La situation s’envenime avec des menaces de représailles contre Israël et les bases américaines en cas d’attaque, et une coupure d’internet généralisée.
- L’Iran a averti les États-Unis qu’une éventuelle attaque entraînerait des représailles contre Israël et les bases militaires américaines dans la région.
- Israël est en état d’alerte face à la possibilité d’une intervention américaine en soutien aux manifestants iraniens.
- La répression des manifestations en Iran s’intensifie, avec des dizaines de morts signalés et une coupure d’internet de plus de 60 heures.
La République islamique d’Iran est confrontée à la plus vaste vague de protestations depuis la révolution de 1979. Déclenchées initialement par des griefs économiques, les manifestations ont rapidement pris une dimension politique, avec des slogans antigouvernementaux et des appels à un changement de régime. Les forces de l’ordre ont réagi avec une répression sévère, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale.
Le président iranien a été menacé par Donald Trump, qui a affirmé être « prêt à aider ». Selon une source israélienne, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire d’État américain Marco Rubio ont discuté de la possibilité d’une intervention américaine en Iran lors d’un appel téléphonique. Un responsable américain a confirmé la conversation sans en préciser le contenu. Israël, préoccupé par les programmes nucléaires et balistiques iraniens, n’a pas officiellement exprimé son intention d’intervenir, mais a averti que toute attaque contre son territoire aurait des conséquences désastreuses. Dans une interview accordée à The Economist, M. Netanyahu a déclaré :
« Il y aurait des conséquences horribles pour l’Iran s’il attaquait Israël. »
Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien
Les manifestations, qui se sont propagées à plusieurs villes du pays, notamment Téhéran, Mashhad, Tabriz et Qom, ont été marquées par des actes de violence et des affrontements avec les forces de sécurité. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants brandissant des drapeaux de l’ère du Shah, symbolisant un retour à la monarchie. Des images vérifiées par l’AFP montrent des feux d’artifice tirés et des casseroles frappées dans les rues de Téhéran, tandis que des slogans tels que « Mort à Khamenei » résonnent. Reza Pahlavi, le fils du Shah déchu, a appelé à des manifestations plus ciblées, exhortant les Iraniens à « s’emparer et à tenir les centres-villes ».
« Notre objectif n’est plus seulement de descendre dans la rue. L’objectif est de se préparer à s’emparer et à tenir les centres-villes. »
Reza Pahlavi, fils du Shah déchu
Face à cette contestation, les autorités iraniennes ont durci leur position. L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique, a dénoncé les « vandales » agissant sous les ordres de Donald Trump. La répression s’intensifie, avec des informations alarmantes concernant l’usage excessif de la force meurtrière contre les manifestants, selon Amnesty International. L’organisation iranienne des droits de l’homme, basée en Norvège, a fait état d’au moins 51 morts, avertissant que le bilan réel pourrait être plus élevé. Des images de corps de manifestants abattus dans l’hôpital Alghadir, à Téhéran, ont été publiées par l’organisation.
La coupure d’internet, qui dure depuis plus de 60 heures, constitue un obstacle majeur à la diffusion d’informations et à la communication. Netblocks a déclaré que cette mesure de censure « menace directement la sécurité et le bien-être des Iraniens à un moment clé pour l’avenir du pays ». Un habitant de Téhéran a confié ne pas pouvoir accéder à ses e-mails professionnels, estimant que « c’est le prix à payer avant la victoire du peuple ».
L’armée iranienne a déclaré dans un communiqué qu’elle « protégerait et sauvegarderait vigoureusement les intérêts nationaux » contre un « ennemi cherchant à perturber l’ordre et la paix ». La communauté internationale a appelé les autorités iraniennes à la retenue. Ursula von der Leyen, chef de l’Union européenne, a exprimé le soutien de l’Europe aux manifestants et condamné la « répression violente ».
