Home SantéL’hôpital pour enfants recherche une forme alternative d’administration d’oxygène au corps

L’hôpital pour enfants recherche une forme alternative d’administration d’oxygène au corps

by Sophie Martin

Publié le 24 janvier 2025. Une équipe de recherche de l’hôpital pour enfants de Cincinnati explore une méthode d’assistance respiratoire radicale : l’oxygénation par voie rectale, ou « respiration par les fesses », qui pourrait offrir une alternative vitale dans les situations d’urgence.

  • La ventilation entérale, ou « respiration par les fesses », consiste à administrer de l’oxygène liquéfié par voie rectale.
  • Cette technique pourrait être particulièrement bénéfique pour les patients dont les voies respiratoires sont compromises ou pour les enfants, y compris les prématurés, pour lesquels l’intubation est risquée.
  • Des études préliminaires sur des porcs et des humains sont encourageantes, avec des effets secondaires minimes observés.

Dans le domaine de la médecine respiratoire, les chercheurs repoussent sans cesse les limites de l’innovation. Les dernières avancées de l’hôpital pour enfants de Cincinnati pourraient sembler tout droit sorties d’un film de science-fiction : une nouvelle forme d’assistance respiratoire qui utilise le côlon pour oxygéner le sang. Cette technique, baptisée ventilation entérale, ou plus familièrement « respiration par les fesses », suscite un intérêt croissant.

Le principe repose sur l’introduction de fluides enrichis en oxygène dans le corps par voie rectale. Le côlon absorbe ensuite ce liquide, permettant à l’oxygène de passer dans la circulation sanguine. Cette approche pourrait s’avérer cruciale dans les situations médicales où l’intubation, c’est-à-dire l’insertion d’un tube dans la trachée pour faciliter la respiration, n’est pas possible, par exemple en cas d’inflammation ou de lésions des voies respiratoires.

Les difficultés rencontrées lors de l’intubation des patients pendant la pandémie de COVID-19 ont mis en évidence le besoin de solutions alternatives. Selon le Dr Takanori Takebe, chercheur principal de l’hôpital pour enfants de Cincinnati, cette méthode pourrait également offrir une option plus sûre pour les enfants, en particulier les prématurés, qui sont plus vulnérables aux complications liées à l’intubation. Takanori Takebe, MD

Les premiers résultats de cette recherche sont prometteurs. Des études menées sur des porcs ont démontré l’efficacité de la ventilation entérale, et les premières expérimentations sur des humains sont également encourageantes. Le Dr Takebe explique que son travail a été inspiré par les problèmes respiratoires de son père.

« Nous sommes très enthousiastes quant au potentiel respiratoire de l’intestin, car nous savons que sa surface est en réalité plus grande que celle des poumons. »

Takanori Takebe, MD

Il souligne que le tractus gastro-intestinal offre une surface d’échange gazeux plus importante et un réseau vasculaire plus dense que les poumons.

L’idée de cette technique innovante ne vient pas de nulle part. Les chercheurs se sont également inspirés du monde animal, en particulier du loche, un poisson japonais capable d’absorber l’oxygène directement à travers son intestin pour survivre dans des environnements pauvres en oxygène.

Les recherches actuelles suggèrent que cette forme de respiration pourrait être maintenue pendant 30 minutes à deux heures. Le Dr Takebe espère qu’à l’avenir, il sera possible de prolonger cette assistance respiratoire. Une étude récente menée au Japon sur 27 hommes en bonne santé a montré qu’ils pouvaient respirer pendant une heure grâce à cette méthode, sans effets secondaires graves, hormis quelques ballonnements et un léger inconfort.

L’équipe du Dr Takebe travaille actuellement à optimiser la quantité de liquide nécessaire pour maximiser l’absorption d’oxygène. Il est important de noter que cette technique n’est pas encore prête à être utilisée en milieu hospitalier. Le Dr Takebe précise qu’il reste plusieurs étapes de recherche à franchir avant que la ventilation entérale ne devienne une option thérapeutique courante. Néanmoins, il espère qu’avec davantage de recherche et de financement, cette méthode pourrait un jour constituer une alternative précieuse pour soutenir la respiration des patients en détresse respiratoire, avec moins de risques et de complications.

You may also like

Leave a Comment