Publié le 12 janvier 2024 19:03:00. Des chercheurs américains ont identifié une nouvelle cible thérapeutique prometteuse pour le cancer du sein triple négatif (CSTN), une forme particulièrement agressive de la maladie, en découvrant le rôle clé d’une protéine appelée PUF60 dans la survie des cellules cancéreuses.
- L’étude révèle que la perturbation de l’activité de la protéine PUF60 provoque la mort des cellules tumorales du CSTN sans affecter les cellules saines.
- Les chercheurs ont identifié PUF60 comme l’un des 50 éléments essentiels à la survie des cellules CSTN, après avoir analysé plus de 1 000 interactions ARN-protéines.
- Des expériences sur des modèles murins ont démontré que la perte de PUF60 induit une régression tumorale significative.
Le cancer du sein triple négatif (CSTN) représente un défi majeur en oncologie. Contrairement à d’autres sous-types de cancer du sein, il ne présente pas de récepteurs hormonaux (œstrogènes ou progestérone) ni de récepteurs HER2, ce qui le rend réfractaire aux traitements hormonaux et aux thérapies ciblées couramment utilisés. Les patientes atteintes de CSTN sont donc souvent confrontées à un pronostic plus sombre et à des options thérapeutiques limitées. C’est pourquoi la communauté scientifique s’efforce de trouver de nouvelles approches pour cibler spécifiquement ce cancer insaisissable.
L’étude, menée par des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego, s’est concentrée sur la machinerie moléculaire interne des cellules cancéreuses, à la recherche de vulnérabilités exploitables. En analysant les interactions entre les ARN et les protéines dans les cellules CSTN, l’équipe a identifié 50 éléments essentiels à la survie de ces cellules, parmi lesquels la protéine PUF60 s’est distinguée. Les résultats, publiés dans la revue Cancer Research, démontrent que la suppression de PUF60 – ou l’introduction d’une mutation qui perturbe son fonctionnement – provoque des erreurs significatives dans le traitement de l’ARN, entraînant des dommages à l’ADN, un arrêt du cycle cellulaire et, finalement, la mort des cellules tumorales. De manière cruciale, ces effets délétères n’ont pas été observés dans les cellules saines.
Les expériences menées sur plusieurs modèles murins de CSTN ont confirmé ces résultats, montrant une régression tumorale substantielle après la perte de PUF60. Cette spécificité, ciblant les cellules cancéreuses sans affecter les cellules saines, ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques potentiellement moins toxiques et plus efficaces.
« Cette étude met en évidence l’épissage de l’ARN, un processus essentiel à la production de protéines, comme une cible thérapeutique prometteuse pour le CSTN et potentiellement d’autres cancers caractérisés par un stress de réplication », expliquent les professeurs Corina Antal et Gene Yeo, respectivement professeur adjoint et professeur à la faculté de médecine de l’UC San Diego, et membres du Moores Cancer Center de l’UC San Diego.
Bien que ces résultats soient encourageants, les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre les investigations pour déterminer si des médicaments capables d’inhiber PUF60 ou ses interactions avec les sites d’épissage peuvent être développés en tant que thérapies ciblées contre le cancer.