Publié ce printemps, le livre Destination Autonomie d’Éric Duhaime a été rédigé en grande partie à l’aide de l’intelligence artificielle, selon une analyse effectuée par l’outil Pangram.
Le livre Destination Autonomie
, signé par Éric Duhaime et publié ce printemps, a vu le jour grâce à un appui massif de l’intelligence artificielle. Selon les résultats fournis par l’outil de détection d’IA Pangram, une forte probabilité de 62 % du texte total de l’ouvrage a été générée par l’IA.
L’ouvrage, qui propose une réflexion sur l’avenir politique du Québec, ne contient aucune mention explicite quant à l’utilisation de ces technologies. M. Duhaime a toutefois précisé dans son livre qu’il a travaillé différemment pour concevoir ce projet par rapport à ses ouvrages précédents.
Sans une équipe, ce livre n’aurait tout simplement pas pris forme. J’ai donc travaillé autrement : en m’appuyant sur une vaste contribution collective pour la recherche, la documentation et l’élaboration d’ébauches, sur lesquelles j’ai ensuite pu me pencher, couper, réécrire, nuancer, renforcer – parfois jusqu’à l’obsession.
Éric Duhaime
L’outil Pangram a toutefois validé qu’une phrase particulière de cette introduction avait bel et bien été écrite par un humain. M. Duhaime a par la suite reconnu l’apport technologique dans la confection de son ouvrage.
Oui, mon coauteur et moi avons utilisé l’IA pour corriger certains passages, préparer des tableaux et vérifier des faits, mais les idées dans mon dernier livre viennent de nous. D’ailleurs, je pense qu’on devrait utiliser encore plus d’IA, sous supervision humaine, pour augmenter la productivité du gouvernement.
Éric Duhaime
Le Parti conservateur du Québec a transmis sa propre capture d’écran d’une analyse Pangram, évaluant pour sa part que 44 % du texte a été généré avec l’aide de l’IA. Le rapport complet n’a toutefois pas pu être consulté.
La préface de Maïté Blanchette-Vézina entièrement générée par l’IA
La contribution technologique ne se limite pas au corps du livre. Toujours selon l’analyse de Pangram, la préface rédigée par Maïté Blanchette-Vézina a été entièrement produite par l’intelligence artificielle, atteignant un taux de 100 %.
Mme Blanchette-Vézina a assumé pleinement l’utilisation de cet outil technologique pour peaufiner son texte.
Quand j’ai écrit l’ébauche de la préface, je l’ai en effet passé dans l’IA afin d’en corriger la syntaxe et la vérification de l’orthographe. L’IA est pour moi un outil dont je me sers afin d’améliorer l’efficacité et la productivité. Je ne m’en cache pas. L’important est de l’utiliser de façon éthique et à bon escient.
Maïté Blanchette-Vézina, collègue d’Éric Duhaime
Comparaison avec les ouvrages des autres formations politiques
Pour situer l’utilisation de l’intelligence artificielle par rapport aux autres acteurs de la scène politique québécoise, des analyses similaires ont été menées sur d’autres publications partisanes.
L’ouvrage de la co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, intitulé Les gens du pays viennent aussi d’ailleurs
et publié l’an dernier, obtient un score de 100 % de rédaction humaine selon l’outil Pangram. Quant au Livre bleu
du Parti Québécois, il affiche un taux de rédaction humaine de 98 %.
D’autres documents institutionnels et politiques ont également été soumis à l’analyse de l’outil de détection, notamment le cadre financier du Parti libéral du Québec, un discours de Charles Milliard, la plateforme pour la grande région de Québec de la Coalition Avenir Québec, l’étude du Parti Québécois sur les finances d’un Québec indépendant, son plan environnemental ainsi que la plateforme de Québec solidaire. Tous ces documents ont affiché un taux de rédaction humaine supérieur à 90 %.