Publié le 12 janvier 2026 à 16h45. Ford aborde le Rallye Dakar 2026 avec une approche singulière : un moteur V8 atmosphérique de 5,0 litres, une configuration rare dans la catégorie T1+ où les moteurs turbo sont prédominants. Cette stratégie, initialement conçue pour une réglementation différente, mise sur la fiabilité et la simplicité pour défier les concurrents.
- Ford utilise un moteur V8 Coyote Darkhorse de 5,0 litres (32 soupapes, alésage de 93 mm, course de 92,7 mm) pour son prototype T1+.
- Contrairement à Dacia et Toyota, Ford a opté pour un moteur atmosphérique, une décision influencée par les changements de réglementation.
- La fiabilité et la simplicité sont les principaux avantages de ce choix technique, réduisant la complexité et la chaleur du moteur.
L’équipe M-Sport, responsable du développement du Raptor T1+, a dû s’adapter aux nouvelles règles introduites après le Dakar 2024. Initialement prévu pour fonctionner avec un restricteur d’air, le moteur a été équipé d’un capteur de couple pour se conformer aux exigences de la FIA.
« Quand nous avons commencé à concevoir la voiture, la réglementation était encore un peu différente. Ce moteur était initialement destiné à être utilisé avec un restricteur d’air. Après le Dakar, lorsque nous avons commencé les essais, les règles ont changé, ce qui nous a obligé à installer un capteur de couple comme tout le monde. Mais une fois que nous avons vu les résultats et effectué de nombreux tests, nous avons constaté qu’elle fonctionnait très bien. »
Joan Navarro, ingénieur en chef chez M-Sport
Malgré la limitation de vitesse à 170 km/h imposée à tous les véhicules T1+, le moteur V8 atmosphérique de Ford ne présente pas de désavantage significatif par rapport aux moteurs turbo plus petits, grâce à la courbe de couple prescrite par la FIA. L’équipe a même été l’une des seules, avec un pilote Toyota privé, à recevoir de légères pénalités de temps pour un dépassement mineur de cette courbe.
Le refroidissement représente un défi majeur pour l’équipe. L’analyse numérique de la dynamique des fluides (CFD) est utilisée pour optimiser le système de refroidissement, en tenant compte des variations de température ambiante et des conditions de conduite. À basse vitesse, notamment dans les dunes, le moteur est soumis à une forte demande d’énergie, ce qui nécessite un système de refroidissement particulièrement efficace.
« La traînée aérodynamique et l’appui ne sont pas si importants pour nous car nous n’atteignons que 170 km/h au maximum, et la plupart du temps nous roulons à 60 ou 80. Nous sommes donc en fait lents. À 60 km/h, la traînée n’est guère un problème car elle est si faible. Mais le refroidissement à ces vitesses est également très limité, il faut donc un très bon système car peu d’air circule dans la voiture. »
Joan Navarro, ingénieur en chef chez M-Sport
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la cylindrée de 5,0 litres du moteur ne se traduit pas par une consommation de carburant excessive. Grâce à la limitation de puissance imposée par la réglementation, le moteur fonctionne de manière plus efficace et consomme moins de carburant. Il n’est donc pas nécessaire d’utiliser deux échappements, un seul suffisant.
En matière de suspension, Ford a choisi de s’équiper d’amortisseurs Fox, une décision basée sur les performances de la marque en courses hors route aux États-Unis. Après des tests approfondis, l’équipe a constaté que les amortisseurs Fox offraient une meilleure tenue de route et une meilleure traction dans les conditions spécifiques du Rallye Dakar.
Pour cette deuxième participation en tant qu’équipe officielle en 2026, Ford a mis l’accent sur la réduction du poids du véhicule et la résolution des problèmes rencontrés lors de la première édition. L’équipe présentera sept voitures au départ, contre quatre l’année précédente. Mattias Ekström avait terminé troisième au classement général en 2025, et l’équipe espère capitaliser sur cette expérience.
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