Les forces américaines se sont retirées de leurs dernières bases en Irak ce mercredi, mettant fin à une présence militaire de deux décennies qui a débuté avec l’invasion de 2003. Ce départ intervient dans un climat de fortes tensions régionales, laissant derrière un pays divisé face à l’influence grandissante de l’Iran.
Le retrait effectif des troupes américaines marque la conclusion officielle de l’opération Inherent Resolve, la mission de la coalition internationale dirigée par les États-Unis contre le groupe État islamique. Les derniers soldats stationnés à l’aéroport d’Erbil, dans la région autonome du Kurdistan irakien, ont quitté le territoire ce mercredi 30 septembre.
La fin de la mission militaire et le départ d’Erbil
L’alliance militaire internationale avait été déployée en Irak et en Syrie en 2014 pour contrer l’expansion fulgurante des jihadistes, après que l’EI s’était emparé de vastes pans de territoire et était devenu notoire pour son massacre de musulmans chiites irakiens, ses meurtres publics d’otages et la torture et l’asservissement de femmes issues de la minorité yézidi d’Irak.
À Bagdad, les rues ont vu tomber les traditionnels murs anti-explosion, tandis que la population tente de renouer avec une vie normale entre chantiers et restaurants. Mais cette transition suscite des réactions contrastées à travers le pays.
Entre célébrations des milices pro-iraniennes et craintes sécuritaires
Pour les factions armées chiites alignées sur l’Iran, le départ des forces américaines constitue un accomplissement historique. Des rassemblements ont été organisés dans la capitale, célébrant la fin de la présence américaine.
On Sep 30, we will celebrate the turning of a black page,
he added.

However, this security vacuum worries local authorities and communities. Les forces kurdes expriment notamment leur inquiétude face aux évolutions dans la région, tandis que les autorités peinent à stabiliser l’ensemble du territoire face aux menaces persistantes dans certaines zones.
| Étape clé | Date ou période | Contexte |
|---|---|---|
| Première invasion américaine | 2003 | Renversement du régime de Saddam Hussein |
| Premier retrait américain | 2011 | Fin de la première occupation militaire |
| Retour de la coalition | 2014 – 2017 | Campagne militaire contre le groupe État islamique |
| Accord de retrait bilatéral | 2024 | Décision prise sous l’administration Biden |
| Retrait définitif | 30 septembre | Fermeture des dernières bases, dont Erbil |
Le défi de la souveraineté et le poids des milices
L’Irak se retrouve désormais confronté à un équilibre géopolitique délicat entre ses deux plus puissants, et désormais belligérants, alliés. Le gouvernement central doit composer avec les dynamiques régionales découlant de ce départ, alors même que l’administration américaine a exécuté ce retrait sous la présidence de Donald Trump malgré les confrontations en cours avec l’Iran.
Les analystes soulignent que le départ des troupes met fin à une présence militaire qui a agi pendant des décennies comme un contrepoids direct, laissant un pays aux prises avec des forces pro-iraniennes qui considèrent cette transition comme une victoire totale. Tandis que le pays tourne une page historique, l’avenir de sa stabilité intérieure reste suspendu à la capacité de ses institutions à faire face aux menaces résiduelles de l’État islamique et à l’influence croissante de Téhéran.