Publié le 2024-02-29 10:00:00. L’affaire récente impliquant le capitaine de cricket anglais Harry Brooks, arrêté la veille d’un match crucial, a ravivé le débat sur la place de l’alcool dans le monde du cricket professionnel, un sport où les traditions conviviales côtoient les exigences de performance.
- L’incident impliquant Harry Brooks, arrêté pour comportement perturbateur dans un bar, met en lumière les défis liés à la gestion de la vie privée des sportifs de haut niveau.
- Le « Two Nights Before Club », une pratique informelle au sein de l’équipe sud-africaine de cricket, illustre la tension entre les rituels de décompression et les impératifs de la préparation sportive.
- L’attitude de Brendon McCullum, actuel entraîneur de l’équipe anglaise, envers la consommation d’alcool, plus permissive, contraste avec les préoccupations liées à l’impact sur les performances.
L’arrestation de Harry Brooks, capitaine de l’équipe anglaise de cricket, la nuit précédant un match décisif contre la Nouvelle-Zélande, a soulevé des questions sur le comportement des sportifs de haut niveau et la tolérance de leurs dirigeants. Selon les informations disponibles, Brooks a été interpellé après une altercation avec un videur dans un bar de Wellington. L’incident, rapidement étouffé par l’équipe, a néanmoins suscité l’émoi et a relancé un débat récurrent dans le monde du cricket : quel est le juste équilibre entre la vie personnelle des joueurs et les exigences de la performance sportive ?
Cette affaire rappelle une pratique singulière qui existait au sein de l’équipe sud-africaine de cricket, le « Two Nights Before Club ». Ce club informel, réservé aux joueurs les plus expérimentés et à leur capitaine, se réunissait deux jours avant chaque match test. L’objectif était de se détendre et de décompresser avant l’épreuve, en partageant un verre. Bien que d’autres membres de l’équipe aient parfois été invités, le club restait principalement l’apanage de ses fondateurs et de leur capitaine. Il s’agissait d’un clin d’œil à l’appréhension ressentie avant un match important, et d’une reconnaissance tacite qu’il serait impensable de boire de l’alcool la veille ou pendant le match lui-même.
Les entraînements qui suivaient ces réunions étaient souvent plus légers, axés sur la « transpiration » plutôt que sur l’amélioration technique. L’idée était que tenter d’affiner son jeu à la veille d’un match test était le signe d’un problème plus profond qu’un simple manque de préparation. Si les entraîneurs et la direction étaient conscients des risques liés à cette pratique, ils ont fini par accepter un compromis entre les impératifs scientifiques et la réalité du terrain. Le club, bien que discret, faisait partie intégrante de la routine des joueurs, et ses résultats, bons ou mauvais, étaient visibles de tous.
L’attitude actuelle de Brendon McCullum, l’entraîneur de l’équipe anglaise, semble plus permissive. McCullum, connu pour ses méthodes non conventionnelles, estime que permettre aux joueurs de se détendre est essentiel pour les libérer de la peur de l’échec et les encourager à prendre des risques. Il a lui-même reconnu que la consommation d’alcool avait été bénéfique à sa propre carrière de joueur, et ne souhaite pas imposer de restrictions à ses protégés. Lors de son passage comme capitaine des Lahore Qalanders dans la Premier League pakistanaise, il a même fait installer un bar dans la salle de repos de l’hôtel, afin de faciliter les « débriefings » entre les joueurs.
Cependant, cette approche n’est pas sans risques. Comme le souligne l’auteur, le risque de généralisation est élevé, mais pour de nombreux jeunes joueurs de cricket, en particulier dans les pays SENA (Angleterre, Australie, Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud), le bar après un match est un lieu de sociabilité essentiel, voire une motivation supplémentaire pour poursuivre leur carrière au-delà de l’âge scolaire. Les revenus générés par les bars contribuent à la survie de nombreux clubs amateurs, et certains clubs n’hésitent pas à sanctionner les membres qui ne consomment pas d’alcool.
En fin de compte, la relation entre le cricket et l’alcool est complexe et ambivalente. Les célébrations et les commérages d’après-match, arrosés de bière ou de vin, font partie intégrante de la culture du cricket. Des milliers de joueurs ont à un moment donné de leur carrière eu des problèmes avec l’alcool, certains y succombant, d’autres parvenant à s’en sortir, comme Ricky Ponting, qui a décidé de changer ses habitudes. Mais comme le conclut l’auteur, l’alcool est une réalité qui ne disparaîtra pas de sitôt : « Le vin a 5000 ans… Il ne va pas disparaître maintenant. »
-
Si l’envie vous prend, je prendrai un café ! Et n’oubliez pas qu’un abonnement mensuel ne coûte que le prix d’un seul café ! 4 £ pour un minimum de 10 articles par mois… 🙂 Merci.
À lire aussi
