Backpack, un ours brun âgé de 20 ans du parc national de Katmai en Alaska, a remporté l’édition 2026 de la « Fat Bear Week ». Cet événement annuel invite les internautes à voter pour l’ours le plus gros avant l’hibernation, à l’issue d’une finale serrée qui s’est achevée le 29 septembre.
La compétition annuelle organisée par le parc national de Katmai en collaboration avec Explore.org a cette année mobilisé plus de 2,3 millions de votants en ligne. Pendant sept jours, les internautes ont départagé les plantigrades à travers des duels virtuels pour élire le spécimen ayant accumulé le plus de réserves adipeuses avant la saison froide.
Une victoire serrée face à Dancing Queen en finale
L’issue de ce tournoi en élimination directe s’est jouée à peu de choses lors du dernier duel. Backpack s’est imposé d’une courte tête contre une femelle prénommée Dancing Queen, avec seulement 5 000 voix d’écart sur un total de suffrages enregistrés pour la seule ronde finale.
Officiellement répertorié sous le matricule numérique d’Ours 89, le nouveau champion prolonge une lignée familiale remarquée dans cette compétition. Sa mère n’est autre que 435 Holly, une femelle imposante qui avait elle-même remporté la couronne suprême en 2019.
Contrairement à de nombreux ours mâles adultes, Backpack n’a pas montré beaucoup d’agressivité envers ses compétiteurs.
Fiche biographique de l’ours Backpack, via les rangers du parc national de Katmai
Un parcours façonné par la morphologie et l’histoire familiale
Le surnom de Backpack, qui signifie « sac à dos » en anglais, trouve son origine dans son jeune âge. Les rangers avaient observé que l’ourson avait pris l’habitude de grimper sur le dos de sa mère pour traverser les rivières à la nage. Devenu adulte, l’animal a dû composer avec un handicap physique : il est boiteux à la suite d’une blessure à la jambe.
Cette condition a poussé l’ours à modifier son comportement quotidien. Plutôt que de s’engager dans des affrontements territoriaux avec ses congénères, il privilégie une stratégie plus sédentaire, passant une grande partie de son temps à se reposer sur les rochers le long des cours d’eau.
La physiologie de l’hyperphagie et l’abondance des saumons
Le succès des participants repose sur un phénomène biologique saisonnier appelé l’hyperphagie. Durant cette période estivale, l’organisme des ours bruns réclame des apports massifs de nourriture pour accumuler la graisse indispensable à leur survie durant les mois d’hiver. Le site de Brooks Falls constitue un poste d’observation privilégié, où des milliers de saumons sockeye tentent de franchir des chutes d’environ deux mètres.
Postés au sommet de la cascade, les plantigrades peuvent capturer sans effort majeur une quantité considérable de poissons. Un spécimen peut ainsi ingurgiter jusqu’à 40 ou 45 kilogrammes de saumon par jour, lui permettant d’augmenter son poids de près de 200 kilos entre le début de la saison chaude et l’automne.
Au-delà du divertissement, les objectifs scientifiques du concours
Créée en 2014 sous une forme humoristique avec à l’époque seulement quelques milliers de participants, la « Fat Bear Week » est devenue un rendez-vous planétaire suivi par des millions d’internautes connectés aux caméras en direct du parc. Les organisateurs publient des fiches détaillées accompagnées de photographies avant-après pour documenter la métamorphose physique des prétendants.
Au-delà de la dimension ludique, le concours conserve une visée éducative affirmée par les gestionnaires du parc. L’opération cherche à sensibiliser le grand public à la préservation des écosystèmes sauvages de l’Alaska, à l’interdépendance cruciale entre les populations d’ours et les flux de saumons, ainsi qu’aux pressions exercées par les activités humaines sur ces habitats naturels.