Publié le 13 janvier 2026 08h00:00. Une étude récente met en garde contre l’utilisation du chlorure de césium (CsCl) comme traitement alternatif du cancer, révélant des risques cardiaques graves et potentiellement mortels liés à des recherches scientifiques obsolètes.
- L’utilisation du chlorure de césium est associée à des arythmies cardiaques dangereuses, entraînant le décès d’environ un quart des patients.
- Les fondements de cette thérapie dite « à pH élevé » reposent sur des études des années 1980 qui n’ont jamais été reproduites et sont aujourd’hui discréditées.
- Le chlorure de césium est facilement accessible en ligne sans ordonnance, ce qui encourage son utilisation non contrôlée par des patients désespérés.
Des étudiants de l’UMC Utrecht ont mis en évidence les dangers du chlorure de césium (CsCl) dans une analyse publiée dans la revue Cardiovascular Toxicology. Leur travail révèle que ce sel, souvent promu comme remède alternatif contre le cancer, peut provoquer des troubles du rythme cardiaque sévères et, dans environ 25 % des cas, entraîner la mort.
L’étude démontre que l’idée que le chlorure de césium puisse combattre le cancer est basée sur des recherches datant des années 1980, dont la validité scientifique est fortement remise en question. Ces études originales n’ont jamais été confirmées par d’autres équipes de recherche et la Food and Drug Administration (FDA) américaine déconseille explicitement son utilisation.
Malgré ces avertissements, le chlorure de césium continue d’être promu par certaines cliniques privées, des ouvrages sur les régimes alimentaires et des sites web, qui présentent ces anciennes publications comme des preuves scientifiques. Selon Marcel van der Heyden, superviseur de l’étude à l’UMC Utrecht :
« Lorsque nous nous sommes interrogés sur les raisons pour lesquelles les gens prenaient du césium, un sel que l’on peut facilement acheter en ligne, nous avons découvert que c’était souvent utilisé comme thérapie alternative contre le cancer. Cette thérapie dite « à pH élevé » est apparue dans les années 1980 et repose sur des données scientifiques très discutables. »
Marcel van der Heyden, superviseur à l’UMC Utrecht
L’équipe de l’UMC Utrecht a même tenté de contacter la publication qui diffusait ces informations erronées, mais s’est vue répondre que les articles resteraient en ligne pour le moment. Ils espèrent que cette situation évoluera rapidement.
L’analyse des étudiants a révélé que les trois quarts des patients étudiés présentaient des anomalies sur un électrocardiogramme (ECG), notamment un allongement de l’intervalle QT, signe d’une activité électrique cardiaque perturbée. Des rythmes cardiaques anormalement lents ou rapides ont également été observés, et plusieurs patients ont subi des crises cardiaques. D’autres effets secondaires fréquemment signalés incluent des nausées, de la diarrhée et des convulsions.
Le chlorure de césium est disponible à l’achat en ligne, sous forme de pilules ou de poudre, sans nécessiter de prescription médicale. Il est présenté comme un traitement contre le cancer sur divers sites web, dans des cliniques privées et dans des livres, mais n’est pas prescrit par les médecins. Une fois ingéré, le sel se répand dans le sang et bloque les canaux potassiques, essentiels à la transmission des signaux électriques dans les cellules, ce qui explique les effets secondaires graves, en particulier sur le cœur.
Cette recherche souligne l’importance cruciale de l’intégrité scientifique et la nécessité de lutter contre la désinformation en matière de santé. Marcel van der Heyden insiste sur la responsabilité des scientifiques :
« Nous, les scientifiques, avons la grande responsabilité de partager des connaissances correctes et minutieuses. Il est précieux que nos étudiants apprennent dès le début de leur formation quel peut être l’impact de la désinformation scientifique. Surtout parce que la diffusion d’informations trompeuses ou incorrectes sur les traitements médicaux peut avoir des conséquences directes, graves et parfois mortelles pour les patients. »
Marcel van der Heyden, superviseur à l’UMC Utrecht
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Source : UMC Utrecht