Une étude publiée dans la revue Diabetologia révèle que le traitement par dulaglutide surpasse les doses quotidiennes d’insuline pour réguler la glycémie chez les adolescents atteints de diabète induit par la bêta-thalassémie majeure, sans risque d’hypoglycémie ni compromettre la sécurité, selon les chercheurs de l’Université Ain Shams.
Le dulaglutide surclasse l’insuline face au diabète lié à la thalassémie
Les traitements par agonistes des récepteurs du GLP-1, initialement conçus pour le diabète, font l’objet de nouvelles applications cliniques. Des chercheurs se sont penchés sur une forme rare de diabète liée à un trouble sanguin appelé la bêta-thalassémie majeure (TDT). Dans cette affection génétique, les patients ont besoin de transfusions sanguines régulières. Ces transfusions provoquent une surcharge en fer qui endommage le pancréas et perturbe la production naturelle d’insuline.
Menée par une équipe de l’Université Ain Shams en Égypte, une étude publiée dans la revue Diabetologia a évalué l’efficacité du dulaglutide, un traitement hebdomadaire par dulaglutide, par rapport aux injections quotidiennes d’insuline. L’essai a suivi 80 jeunes patients âgés de 10 à 18 ans dont la pathologie ne répondait pas à la metformine.
Résultats cliniques sur 24 semaines et profil de sécurité
Durant une période de suivi de 24 semaines, les participants ont été divisés en deux groupes : l’un recevant des injections hebdomadaires de dulaglutide et l’autre des doses standard d’insuline. Les consignes imposaient de s’abstenir de changements substantiels dans leurs habitudes de vie pendant toute la durée de l’étude.
Le groupe traité par le agoniste du GLP-1 a présenté une réduction de la variabilité glycémique, une baisse plus marquée de la glycémie moyenne et un temps accru passé dans la zone de glucose saine. De plus, contrairement au groupe sous insuline, les participants sous dulaglutide n’ont pas enregistré de prise de poids significative, tandis que les données ont indiqué une réduction possible de la surcharge en fer.
Les chercheurs de l’étude ont indiqué, via Sciencealert, qu’il s’agit de la première évaluation de l’efficacité du dulaglutide chez des adolescents atteints de diabète induit par la TDT, offrant ainsi un aperçu d’une modalité thérapeutique prometteuse pour cette population vulnérable.
Variantes génétiques et résistance aux récepteurs du GLP-1
Malgré l’efficacité observée dans cette population spécifique, la réponse aux traitements par GLP-1 varie selon le profil génétique des patients.
Dans une méta-analyse portant sur trois essais cliniques et 1 119 participants, les individus porteurs de variants du gène PAM affichaient une moins bonne réponse aux traitements et des difficultés accrues à abaisser leur taux d’HbA1c. En revanche, ces mêmes patients réagissaient de manière similaire aux autres antidiabétiques usuels, tels que la sulfonylurée, la metformine et les inhibiteurs de la DPP-4. Anna Gloyn a souligné que cet effet était spécifique aux médicaments agissant par la pharmacologie des récepteurs du GLP-1.
Perspectives thérapeutiques et études futures
Les mécanismes moléculaires à l’origine de cette résistance demeurent complexes et exigent des investigations approfondies. Néanmoins, l’utilisation de molécules à action prolongée pourrait constituer une piste pour contourner ce phénomène chez certains patients, à l’instar des stratégies développées pour contrer la résistance à l’insuline.

Concernant le diabète induit par la thalassémie, les auteurs de l’essai clinique soulignent la nécessité d’élargir les recherches. Des investigations multicentriques de plus grande envergure et enregistrées de manière prospective, dotées d’un suivi prolongé, sont requises pour valider ces observations et analyser précisément les voies mécanistiques impliquées.