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Combien gagne « Matador » ? Ils dénoncent le contrat millionnaire du caricaturiste avec la présidence

Publié le 13 janvier 2024 à 21h05. Une polémique éclate en Colombie après la publication de caricatures jugées sexistes et offensantes visant la sénatrice Paloma Valencia, et des révélations sur le financement public accordé à leur auteur, le…

Combien gagne « Matador » ? Ils dénoncent le contrat millionnaire du caricaturiste avec la présidence

Publié le 13 janvier 2024 à 21h05. Une polémique éclate en Colombie après la publication de caricatures jugées sexistes et offensantes visant la sénatrice Paloma Valencia, et des révélations sur le financement public accordé à leur auteur, le caricaturiste Julio César González, dit « Matador ».

  • Des caricatures comparant Paloma Valencia à une colombe de Botero ont suscité l’indignation.
  • Le caricaturiste « Matador » recevrait 18 millions de pesos colombiens (environ 4 200 €) par mois de la présidence.
  • Des allégations de violences conjugales passées impliquant « Matador » refont surface.

La controverse a pris de l’ampleur après la révélation que Julio César González, connu sous le pseudonyme de « Matador », percevrait une somme mensuelle de 18 millions de pesos colombiens (environ 4 200 euros) de la présidence pour la production de contenu politique. Cette information a été divulguée par l’ancien conseiller Daniel Briceño, qui se présente actuellement à un siège à la Chambre des Représentants.

« Matador » a récemment publié une caricature comparant la sénatrice et candidate à la présidence Paloma Valencia à une colombe de l’artiste Fernando Botero. Il accompagnait cette image d’une citation faisant écho au comédien regretté Jaime Garzón :

« Comme dirait Jaime Garzón, Paloma Valencia ne ‘s’adresse’ pas au pays. Elle ‘digère’ le pays. »

Julio César González, dit « Matador »

L’image montrait également la candidate en train de déguster un repas, une allusion perçue comme dénigrante.

Les critiques ont dénoncé non seulement la volonté de ridiculiser Paloma Valencia, mais également le recours à des stéréotypes sur le corps féminin, considérés comme une tentative de délégitimer sa stature politique. Daniel Briceño a dénoncé ce qu’il qualifie de « gaspillage absurde » de fonds publics, provenant du bureau présidentiel de la Casa de Nariño.

Cette affaire intervient alors que des accusations de mauvais traitements envers les femmes refont surface concernant « Matador ». Le député Jota Pe Hernández a rappelé que le caricaturiste est accusé d’avoir battu son ex-épouse, soulignant l’hypocrisie de voir celui qui se moque du physique d’une femme être candidat au Sénat pour le Pacte historique, un parti qui, selon lui, reste silencieux sur cette affaire.

« Matador, l’ivrogne méprisable qui a battu sa femme, est le même qui se moque désormais du physique d’une autre femme. Il est candidat du Pacte, un parti qui reste silencieux car la femme maltraitée est d’une autre rive politique. »

Jota Pe Hernández, député

En effet, Julio César González est actuellement candidat au Sénat pour le Pacte historique, en vue des élections législatives du 8 mars. L’ancien président Álvaro Uribe, figure de proue du Centre Démocratique, a pris la défense de Paloma Valencia, soulignant

« Le poids de Paloma réside dans sa préparation, dans son combat, dans sa transparence, dans sa fermeté, dans la grandeur de son cœur. »

Álvaro Uribe, ancien président

Paloma Valencia a été choisie comme candidate du Centre Démocratique pour l’élection présidentielle de cette année, après avoir remporté la primaire interne face à María Fernanda Cabal et Paola Holguín. Elle participe actuellement à la « Grande Consultation pour la Colombie », aux côtés d’autres candidats tels que Juan Carlos Pinzón, Anibal Gaviria, Mauricio Cárdenas, Vicky Dávila, David Luna, Juan Manuel Galán et Juan Daniel Oviedo.

Par ailleurs, des informations révèlent que le système de médias publics RTVC verserait également 16 millions de pesos colombiens (environ 3 800 €) par mois à « Matador » pour des « conseils sur le contenu créatif ». Ces paiements seraient effectués indirectement, via la coopérative Savi, qui aurait reçu plus de 21 milliards de pesos colombiens pour des contrats avec RTVC.

Cette controverse survient dans un contexte politique tendu, marqué par la préparation des élections présidentielles et législatives, et par une polarisation croissante entre les différents partis.

À lire aussi : Les critiques s’intensifient contre « Matador », candidat du Petrisme, pour misogynie et moquerie envers Paloma Valencia

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.