Alors que Patrick Bruel doit entamer sa tournée de 35 dates en octobre 2026, plusieurs maires de diverses sensibilités politiques s’opposent publiquement à sa venue dans leurs communes, sur fond de nouvelles plaintes et signalements pour violences sexuelles visant le chanteur.
La fronde des maires s’étend de Laval à Dijon et Chartres
La contestation politique s’amplifie à mesure que s’approche le lancement de la nouvelle tournée de Patrick Bruel, prévue pour s’étaler du 2 octobre au 21 novembre dans de très grandes salles françaises, dont le Zénith de Paris. Le chanteur doit fêter sur scène les 35 ans de son album Alors regarde
selon les informations de la presse.
À Laval, où l’artiste est programmé le 3 octobre à l’Espace Mayenne pour la deuxième date de la série, le maire Florian Bercault a affirmé son opposition totale à cette venue selon une interview accordée à France Inter.
« Moi, en tant que maire, je ferai tout ce qu’il faut, même si je ne suis pas le programmateur, pour que Patrick Bruel ne maintienne pas son concert dans la ville. »
Florian Bercault, maire de Laval, via ICI
L’édile lavallois estime que les enquêtes et témoignages récents doivent conduire à une annulation pure et simple de la tournée, tout en plaidant pour la levée de l’omerta dans le milieu de la culture.
À Dijon, la maire Nathalie Koenders s’est également prononcée contre le concert prévu dans sa commune le 23 octobre sur sa page Facebook.
« Si je n’ai pas le pouvoir d’annuler son concert, je tiens toutefois à dire que je désapprouve totalement la venue de Patrick Bruel à Dijon le 23 octobre prochain. »
Nathalie Koenders, maire de Dijon, via BFM
La liste des édiles opposés à ces représentations s’est encore allongée avec la position prise par le maire de Chartres, Ladislas Vergne, ville où l’artiste est attendu le 2 octobre pour le lever de rideau de la tournée. L’édile a rappelé qu’aucun contrat n’avait été signé ni aucun fonds versé par sa commune, jugeant le maintien du spectacle inenvisageable.
Une accumulation de plaintes et la question des responsabilités
Ces prises de position municipales interviennent alors que Patrick Bruel fait face à une trentaine de plaintes et signalements émanant de femmes dénonçant des faits de violences sexuelles, d’agressions sexuelles ou de viols. L’artiste est mis en examen dans quatre dossiers et placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres. Une nouvelle plainte pour tentative de viol a par ailleurs été déposée par une avocate de plaignantes, Me Myriam Guedj-Benayoun d’après les précisions rapportées par BFM.
À Montpellier, le maire Michaël Delafosse a écrit sur le réseau social X que le chanteur n’est pas le bienvenu à Montpellier
, estimant que les déclarations des plaignantes décrivent un comportement de prédateur sexuel selon les publications relayées par Le Nouvel Obs. D’autres municipalités, de Paris à Marseille, Lyon, Nancy, Reims, Brest ou Tours, s’étaient déjà opposées par le passé ou s’opposent actuellement aux différentes dates prévues.
Face à la contestation, le directeur de l’Espace Mayenne à Laval, Eric Dussollier, a indiqué que le chanteur bénéficiait toujours de la présomption d’innocence mais a invité la production et l’artiste à s’exprimer publiquement, la situation devenant particulièrement pesante en raison des nombreux appels reçus selon les informations recueillies par ICI.
La portée symbolique des arrêtés municipaux et la position du parquet
Malgré la fronde menée par une quinzaine de maires de sensibilités politiques variées, les oppositions locales disposent d’une portée essentiellement symbolique. Les municipalités ne possèdent pas le pouvoir juridique d’annuler unilatéralement un contrat commercial ou de interdire d’office un spectacle. Seuls les préfets ou les maires peuvent théoriquement prononcer une interdiction, et ce à condition stricte de caractériser un risque avéré de trouble à l’ordre public
comme le rappelle BFM.

Certaines villes ont d’ailleurs choisi une autre voie. À Toulouse et à Limoges, les maires n’ont pas souhaité appeler à l’interdiction des représentations, invoquant le respect de la présomption d’innocence d’après l’analyse publiée par Le Nouvel Obs. Fin juillet, le contrôle judiciaire de Patrick Bruel avait par ailleurs été assoupli à sa demande afin de l’autoriser à quitter le territoire français, une décision qui a fait l’objet d’un appel de la part du parquet.