Publié le 14 janvier 2024 à 12h35. L’Iran a mis en garde ses voisins contre d’éventuelles représailles en cas d’attaque américaine, tandis que plusieurs pays, dont l’Inde et l’Italie, appellent leurs ressortissants à quitter le territoire iranien face à une situation sécuritaire de plus en plus tendue.
- L’Iran menace de frapper des bases américaines en représailles à toute action de Washington.
- Des forces de sécurité iraniennes ont mené des raids d’intimidation chez les familles de manifestants tués à Téhéran.
- L’ambassade indienne à Téhéran exhorte ses citoyens à quitter l’Iran « dès que possible ».
Téhéran a demandé aux pays de la région d’empêcher les États-Unis de lancer une attaque, selon un responsable gouvernemental iranien. Cette mise en garde intervient dans un contexte de fortes tensions régionales et de préoccupations croissantes concernant une escalade du conflit.
Parallèlement, des informations alarmantes émergent concernant le traitement réservé aux familles des victimes des récentes manifestations. La chaîne de télévision Iran International, basée à Londres, rapporte que des forces de sécurité en civil et des membres des Gardiens de la révolution (Pasdaran) ont pris pour cible les domiciles de ces familles dans l’est de Téhéran. Ces forces auraient mené des raids d’intimidation, tiré, proféré des insultes et pillé des biens. Selon la même source, les Pasdaran auraient ordonné aux familles de récupérer les corps des victimes avant l’aube et de procéder à des enterrements discrets, sous peine de poursuites pour usage de munitions.
Face à cette situation, plusieurs pays prennent des mesures pour protéger leurs ressortissants. L’ambassade de l’Inde à Téhéran a publié un avis invitant tous les citoyens indiens présents en Iran à quitter le pays « dès que possible » et par tous les moyens disponibles. Le journal Hindustan Times souligne que l’ambassade conseille également aux Indiens de faire preuve de la plus grande prudence, en évitant les zones de manifestations et en gardant leur passeport à portée de main. Le ministère indien des Affaires étrangères avait déjà émis une recommandation similaire le 4 janvier.
L’Italie suit également la situation de près. Le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a annoncé avoir convoqué une réunion opérationnelle au ministère pour évaluer la situation et assurer la sécurité des citoyens italiens vivant à Téhéran et dans d’autres villes d’Iran.
« J’ai convoqué aujourd’hui une réunion opérationnelle au ministère pour évaluer la situation et également assurer la sécurité de nos compatriotes qui vivent à Téhéran et dans d’autres villes d’Iran. »
Antonio Tajani, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères italien
Les relations diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran semblent également affectées par ces tensions. Selon la même source gouvernementale iranienne, les discussions entre l’envoyé spécial américain Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Araghchi ont été suspendues.
Enfin, le chef du pouvoir judiciaire iranien a promis des procès rapides et publics pour les personnes arrêtées lors des manifestations, signalant une répression accrue des contestations.