L’administration de Donald Trump diffuse sur les chaînes de télévision américaines une série de messages télévisés reprenant le discours politique du président. Financées par les contribuables à l’approche des élections de mi-mandat de novembre 2026, ces publicités s’attirent les critiques de démocrates et d’experts en éthique qui y voient un détournement de fonds publics à des fins partisanes.
Une offensive publicitaire télévisée aux frais de l’État
Depuis la mi-septembre 2026, les téléspectateurs américains découvrent des messages publicitaires mettant en vedette le président Donald Trump lors d’émissions de grande écoute, incluant des rencontres de la Ligue nationale de football et l’émission Saturday Night Live. Selon l’analyse de la firme AdImpact, l’ensemble de cette campagne publicitaire télévisée pourrait avoir coûté plus de 1,7 million de dollars américains en dépenses de diffusion.
Présentées par la Maison-Blanche comme des messages d’intérêt public à caractère éducatif et patriotique, ces capsules reprennent textuellement ou presque des thèmes de campagne. L’une de ces vidéos de 30 secondes, diffusée en noir et blanc, utilise des images de Donald Trump marchant dans un couloir tout en évoquant la bataille finale
contre l’État profond, les va-t-en-guerre, les communistes, les marxistes et les fascistes. Une autre séquence de 16 secondes met en scène le directeur général de l’Ultimate Fighting Championship, Dana White, faisant l’éloge du président, sur fond de musique de l’artiste JMSN. Ce dernier a d’ailleurs dénoncé l’utilisation de son œuvre sans autorisation.
Le débat juridique et l’accusation de propagande
L’utilisation de fonds fédéraux pour financer ces messages suscite de vives protestations. Deux lois fédérales interdisent formellement d’employer de l’argent de l’État ou de solliciter des employés gouvernementaux pour réaliser ce type de publicité partisane. Les critiques estiment que ces capsules s’apparentent à de la propagande politique pure et simple, maquillée sous le couvert de messages institutionnels.
La distinction la plus notable entre ces publicités gouvernementales et le matériel de campagne électorale réside dans la mention finale. Les vidéos actuelles se concluent par la mention textuelle : Payé par le gouvernement des États-Unis
, là où les messages diffusés lors de la course présidentielle de 2024 affichaient un appel à l’action électorale par message texte.
Un expert en politique américaine a déclaré que ces publicités pourraient constituer un détournement de biens publics à des fins politiques, violant plusieurs dispositions fédérales interdisant l’utilisation des ressources de l’État pour des campagnes électorales. Il a souligné que ces pratiques sont manifestement contraire à l’éthique.
Expert en politique américaine, via 985fm
La défense de la Maison-Blanche face aux élections de mi-mandat
Face aux critiques, la Maison-Blanche rejette en bloc toute allégation de partisanerie. L’exécutif soutient que le président ne se porte pas candidate à une élection et qu’aucun appel au vote ne figure dans ces annonces. L’administration affirme que ces productions rappellent aux citoyens les raisons d’aimer et de défendre leur pays, que ce soit sur le territoire national, à la frontière ou à l’étranger.
Pour sa défense, la présidence a comparé cette démarche à des initiatives d’administrations antérieures remontant jusqu’à celle de Woodrow Wilson, tout en citant en exemple les campagnes de vaccination contre la COVID-19 orchestrées sous l’administration de Joe Biden.
Ces diffusions surviennent à un moment charnière de la vie politique américaine, alors que se profilent les élections de mi-mandat de novembre. Les analystes prédisent que ces scrutins pourraient faire perdre aux républicains leur majorité à la Chambre des représentants, voire au Sénat. Malgré des sondages au plus bas, Donald Trump exhorte ses partisans à se mobiliser comme si son propre nom figurait sur les bulletins de vote.