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Quelles sont les dernières nouvelles sur le déploiement des contrôles aux frontières Eurostar, Eurotunnel et Douvres EES ?

Le déploiement du nouveau système européen de contrôle des frontières, connu sous le nom d'EES (Entry/Exit System), s'intensifie progressivement, suscitant des interrogations chez les voyageurs réguliers entre la France et le Royaume-Uni. Si les autorités françaises n'ont pas…

Quelles sont les dernières nouvelles sur le déploiement des contrôles aux frontières Eurostar, Eurotunnel et Douvres EES ?

Le déploiement du nouveau système européen de contrôle des frontières, connu sous le nom d’EES (Entry/Exit System), s’intensifie progressivement, suscitant des interrogations chez les voyageurs réguliers entre la France et le Royaume-Uni. Si les autorités françaises n’ont pas encore donné le signal pour une application à grande échelle, les perturbations potentielles, notamment sur les liaisons maritimes et ferroviaires, sont au cœur des préoccupations.

L’EES, lancé le 12 octobre 2025, vise à numériser et à renforcer le contrôle des frontières de l’espace Schengen en enregistrant les données biométriques (empreintes digitales et images faciales) des ressortissants de pays tiers. Initialement, les pays Schengen devaient enregistrer au moins 10 % des passages de frontières estimés durant les 90 premiers jours. Ce seuil a été porté à 35 % depuis le 9 janvier, avec un objectif final d’atteindre 100 % d’ici le 10 avril 2026.

La situation est particulièrement complexe pour les liaisons entre le Royaume-Uni et la France, en raison des contrôles frontaliers juxtaposés établis par le traité du Touquet en 2003. Cela signifie que les contrôles français sont effectués sur le sol britannique (à Londres St Pancras, Folkestone et Douvres) et vice versa, évitant ainsi des contrôles à l’arrivée.

Eurostar, l’opérateur ferroviaire reliant Londres à Paris, Bruxelles et Amsterdam, a commencé un déploiement progressif de l’EES, en commençant par les voyageurs d’affaires et les clients bénéficiant de tarifs premium. L’extension à tous les passagers, initialement prévue le 12 janvier, a été reportée. « Les contrôles EES à la gare de Londres St Pancras sont actuellement effectués manuellement par les agents frontaliers. Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités frontalières et introduirons le traitement par kiosque une fois que le logiciel opérationnel et le calendrier d’activation seront confirmés et approuvés par le ministère français de l’Intérieur », a déclaré un porte-parole de la compagnie.

Eurotunnel, qui exploite le service de navettes ferroviaires Le Shuttle entre Folkestone et Calais, a également débuté les contrôles EES en octobre, mais uniquement pour les passagers des autocars et les conducteurs de camions. Un porte-parole a indiqué que la phase initiale s’était déroulée sans problème et que l’entreprise était prête pour la prochaine étape, qui concernera les véhicules touristiques. « Nous sommes parfaitement préparés pour la prochaine phase, qui couvrira les véhicules touristiques voyageant de Folkestone à Calais, suivis prochainement par les véhicules dans la direction opposée. Dans le cadre de l’UE, les autorités françaises disposent d’une certaine flexibilité pour fixer la date la plus appropriée pour gérer le trafic et des discussions sont en cours », a-t-il précisé.

Le port de Douvres, quant à lui, « travaille également en étroite collaboration » avec les autorités françaises pour assurer une mise en œuvre en douceur de l’EES pour les passagers touristiques début 2026. En novembre, le port a annoncé avoir enregistré près de 13 000 profils grâce à la première phase de déploiement, représentant plus de 30 % de toutes les immatricrations effectuées par les ports maritimes français depuis le 12 octobre.

Si aucun problème majeur n’a été signalé à ce stade, l’augmentation du seuil d’enregistrement a suscité des inquiétudes. L’organisation European Airport Operators a appelé en décembre à une révision urgente du système, évoquant des « problèmes opérationnels croissants » et des délais de traitement allongés. Des mesures d’urgence ont même été prises dans certains pays, comme le Portugal, qui a suspendu temporairement la mise en œuvre de l’EES à l’aéroport de Lisbonne pour réduire les temps d’attente. En Espagne, les professionnels du tourisme ont demandé un renforcement des effectifs et des équipements dans les aéroports.

À ce stade, les aéroports parisiens (Charles de Gaulle et Orly) n’ont pas constaté de perturbations majeures. ABTA, l’association britannique de l’industrie du voyage, a toutefois appelé à une utilisation accrue des mesures d’urgence par les autorités frontalières européennes, soulignant que l’expérience des passagers est variable et que le risque de files d’attente et de retards augmente à mesure que le déploiement progresse.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.