Séoul – Le président sud-coréen Lee Jae-myung a annoncé son intention de réinvestir la Maison Bleue, le palais présidentiel abandonné en 2022, marquant un retour à la normale après une période de tensions politiques. Cette décision intervient après la tentative avortée d’imposer la loi martiale par son prédécesseur, Yoon Suk Yeol, en décembre 2024.
La Maison Bleue, surnommée ainsi en raison de ses 150 000 tuiles coréennes (éléphant) bleues, est depuis longtemps associée à une réputation de mauvais présage. Cette croyance populaire a conduit les précédents occupants à l’abandonner.
L’histoire du site est riche et complexe. Initialement un jardin du palais royal Gyeongbokgung durant la dynastie Joseon (1392-1910), il a été transformé en parc public par les autorités japonaises pendant la période coloniale. En 1939, la résidence du gouverneur général japonais y a été construite.
Après la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment a servi de quartier général au général américain John Reed Hodge, chef du gouvernement militaire en Corée. En 1948, il est devenu la résidence du premier président de la Corée du Sud indépendante.
Durant la guerre de Corée (1950-1953), le dirigeant nord-coréen Kim Il-sung y a séjourné à plusieurs reprises lorsque ses troupes ont occupé Séoul. Au début des années 1990, le président Roh Tae-woo (1988-1993) a envisagé la construction d’un nouveau palais, estimant qu’il était inapproprié de gouverner depuis un bâtiment érigé par l’occupant japonais.
La décision de Lee Jae-myung de réintégrer la Maison Bleue symbolise un retour aux traditions et une volonté de tourner la page après une période de crise politique.
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