Un accord de sécurité signé le 22 septembre entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland limite désormais la capacité de l’île à choisir ses partenaires industriels et financiers, sous réserve de l’approbation de Washington, selon une analyse publiée par Le Monde.
Le 22 septembre, les États-Unis, le Danemark et le Groenland ont signé un accord de sécurité qui fixe des conditions strictes sur les investissements étrangers dans les infrastructures, les mines et les ports groenlandais. Ce texte, rapporté par Le Monde, met fin à une tension diplomatique et militaire entre Washington et Copenhague, après des menaces d’annexion du Groenland par les États-Unis.
Un droit de veto américain sur les projets stratégiques
L’accord accorde aux États-Unis un droit de veto sur les investissements jugés sensibles dans le Groenland, un territoire du royaume du Danemark. Il permet également une présence militaire américaine élargie et permanente, indépendante de l’OTAN. Mette Frederiksen, la première ministre danoise, s’est félicitée d’un document qui « reconnaît la souveraineté et l’intégrité territoriale » du Danemark, alors que Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, a décrit cet accord comme une « réponse définitive aux préoccupations de sécurité nationale ».
Le droit international comme garde-fou
Charles-Edouard Renault, avocat et auteur d’une tribune dans Le Monde, souligne que le droit international a « produit un effet dissuasif réel » dans cet épisode. Selon le paragraphe 4 de l’article 2 de la Charte des Nations unies, l’utilisation de la force ou la menace de l’employer contre l’intégrité territoriale d’un État est proscrite. La Cour internationale de justice a déjà rejeté l’idée qu’un intérêt stratégique puisse justifier une annexion, comme dans l’affaire des Contras en 1986 ou le mur en Cisjordanie en 2004.
Un contrôle subtil à la place de l’annexion
Bien que le risque d’annexion ait disparu, le document soulève des interrogations quant à la nature de l’influence exercée par les États-Unis. « La capacité du Groenland à choisir ses partenaires industriels et financiers se trouve aujourd’hui conditionnée à l’assentiment de Washington », écrit Renault. Ce mécanisme, bien que moins direct que l’annexion, restreint fortement l’autonomie décisionnelle de l’île, selon l’analyse du juriste.
Réactions et implications géopolitiques
« Le droit international a produit un effet dissuasif réel. »
Charles-Edouard Renault, avocat
Cette observation souligne l'importance des cadres juridiques pour stabiliser les tensions actuelles et garantir le respect des souverainetés nationales au sein de cette zone stratégique et fragile.