Home Technologie et scienceIls ont fait une découverte qui n’aurait pas dû se faire sur Mars. Maintenant, la mission spatiale se termine à une vitesse inattendue – Aktuálně.cz

Ils ont fait une découverte qui n’aurait pas dû se faire sur Mars. Maintenant, la mission spatiale se termine à une vitesse inattendue – Aktuálně.cz

by Thomas Caron

Publié le 16 janvier 2024 10:30:00. L’ambitieux programme de retour d’échantillons de Mars, qui devait permettre d’analyser des fragments de la planète rouge dans des laboratoires terrestres, est compromis suite à des coupes budgétaires drastiques du Congrès américain. Ce projet, considéré comme une priorité majeure de la recherche planétaire, pourrait laisser la Chine prendre la tête de l’exploration martienne.

  • Le Congrès américain a considérablement réduit le financement de la mission Mars Sample Return, mettant fin au projet dans sa forme actuelle.
  • Les rovers Curiosity et Perseverance ont collecté 33 échantillons de roches et de poussière martienne, mais leur retour sur Terre est désormais incertain.
  • La Chine prévoit également une mission de retour d’échantillons martiens, mais avec une approche moins sophistiquée.

L’espoir de répondre à la question de savoir si Mars a pu abriter la vie dans le passé s’éloigne. La mission Mars Sample Return (MSR), initialement conçue comme l’apogée de décennies d’exploration martienne, est au bord de l’abandon. Les coupes budgétaires imposées par le Congrès américain ont porté un coup fatal à ce projet d’une complexité sans précédent, qui visait à ramener sur Terre des échantillons de sol et de roche martiens pour une analyse approfondie.

Ces dernières années, les rovers Curiosity et Perseverance ont révolutionné notre compréhension de la planète rouge. Leurs découvertes suggèrent que Mars a connu des périodes plus chaudes et humides, potentiellement propices à l’émergence de la vie. Cependant, l’analyse de ces échantillons par des instruments terrestres, bien plus performants que ceux embarqués à bord des sondes spatiales, était considérée comme une étape cruciale pour confirmer ces hypothèses.

« Trouver un champ de roches de soufre pur, c’est comme découvrir une oasis au milieu du désert. Il ne devrait pas être là – et c’est pourquoi nous devons découvrir pourquoi. »

Ashwin Vasavada, scientifique en chef de la mission Curiosity du laboratoire JPL

En 2011, la NASA avait déjà identifié le retour d’échantillons martiens comme l’une des priorités majeures de la science planétaire. Le site web de l’agence spatiale américaine décrivait encore récemment MSR comme une « campagne conjointe ambitieuse de la NASA et de l’ESA qui amènerait des échantillons soigneusement sélectionnés sur Terre » et qui « transformerait fondamentalement notre compréhension de Mars et de l’ensemble du système solaire ». La mission, estimée à un coût initial de 11 milliards de dollars (puis réduit à environ 7 milliards de dollars), prévoyait l’envoi d’un rover supplémentaire pour récupérer les échantillons collectés par Perseverance, potentiellement avec l’aide d’hélicoptères, et les propulser en orbite martienne. Une sonde devait ensuite les récupérer pour les ramener sur Terre.

Récemment, le rover Curiosity a réalisé une découverte surprenante : des cristaux de soufre élémentaire pur dans la région de Gediz Vallis. UniverseToday.com explique que cette découverte est inattendue, car les conditions nécessaires à la formation de soufre pur ne devraient pas exister dans cette zone de Mars. Cette anomalie souligne l’importance de l’analyse en laboratoire des échantillons martiens pour comprendre les processus géologiques complexes de la planète.

Bien que le budget de la NASA prévoie encore des fonds pour le développement de technologies d’exploration martienne, leur utilisation pour un retour d’échantillons à moindre coût est incertaine. Des alternatives, comme l’analyse directe des échantillons sur Mars, pourraient être envisagées, mais les capacités des laboratoires terrestres restent supérieures.

L’avenir de MSR est donc incertain. La mission pourrait être relancée sous une forme différente, ou un autre acteur pourrait prendre la tête de l’exploration martienne. La Chine, qui prévoit également un retour d’échantillons martiens, pourrait ainsi prendre l’avantage. Cependant, son approche, axée sur une collecte rapide des échantillons, est moins sophistiquée que celle envisagée par la NASA et l’ESA. Pour les scientifiques impliqués dans ce projet de longue date, cette décision représente un coup dur, un rappel que même les rêves scientifiques les plus ambitieux peuvent être confrontés aux réalités budgétaires.

Source : NASA, UniverseToday.com

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