La NASA et Boeing ont dévoilé un nouveau calendrier pour le vaisseau Starliner, prévoyant un vol d’essai sans équipage au tournant de 2026 et 2027 avant une mission habitée en 2028. Cette décision intervient pour assurer une option de transport alternative vers la Station spatiale internationale, alors que le temps presse face aux projets de SpaceX.
Face à l’impératif absolu de sécuriser un plan B pour acheminer ses spationautes vers l’espace, la NASA a officialisé de nouvelles échéances pour remettre le vaisseau Starliner sur les rails selon les informations de La Presse. L’agence spatiale américaine cherche à redonner de la crédibilité à ce programme après les déboires techniques enregistrés lors du premier vol habité de l’appareil. Comme l’a rapporté l’Agence France-Presse, cette annonce survient le 28 septembre 2026 depuis le Centre spatial Kennedy de Cap Canaveral, en Floride, lors d’une conférence de presse menée par le chef de la NASA, Jared Isaacman.
Le vol d’essai sans équipage fixé pour l’hiver 2026-2027
La première étape de cette reconquête spatiale se déroulera au plus tôt en décembre de cette année ou en janvier 2027. Ce vol non habité à destination de la Station spatiale internationale servira d’évaluation technique majeure pour vérifier les améliorations thermiques apportées au module de service.
« À partir de là, nous collecterons les données, poursuivrons la mise en œuvre des modifications restantes recommandées […] et planifierons une mission habitée nommée “Starliner 2” en 2028 »
Jared Isaacman, Administrateur de la NASA, via la NASA et La Presse
Ce vol d’évaluation doit permettre de récolter des données indispensables sur le comportement du système de propulsion. Les ingénieurs pourront ainsi identifier les risques résiduels avant d’envisager de replacer des humains à bord. De surcroît, le directeur de l’agence a affirmé que certaines pièces du Starliner de Boeing seront redessinées pour le vol de 2028.
Leçons tirées de l’anomalie de 2024 et modifications techniques
L’annonce de ce calendrier rectificatif survient après un examen impitoyable du premier test avec équipage vers la Station spatiale internationale mené en 2024, qui aurait pu virer à la tragédie humaine d’après l’agence. Les défaillances du système de propulsion du vaisseau avaient alors forcé un renvoi à vide sur Terre, laissant les Américains Suni Williams et Butch Wilmore bloqués pendant plus de neuf mois dans l’ISS, occasionnant un véritable feuilleton spatial. Leurs places pour le retour avaient finalement été assurées par l’entreprise rivale SpaceX du multimilliardaire Elon Musk.
Par la suite, un examen mené par la NASA a mis en lumière de nombreux ratés aussi bien du côté de la firme aéronautique que de l’organisation fédérale. En réponse, Boeing a procédé à d’importantes modifications :
- Mise en place de modifications thermiques sur le module de service pour corriger les performances des propulseurs.
- Conception d’une modification supplémentaire de la valve des propulseurs afin d’enrayer l’extrusion des joints d’étanchéité.
Le calendrier vers la certification et la mission Starliner-2 en 2028
Une fois les leçons du vol Starliner-1 intégrées, la NASA et Boeing s’attelleront aux certifications finales requises pour le vol habité. Le plan actuel de l’agence table sur un retour des astronautes à bord d’un vol baptisé Starliner 2
d’ici 2028.
Le temps presse toutefois pour diversifier les accès à l’espace. Il a été indiqué par SpaceX que la firme compte arrêter d’ici quelques années la fabrication de sa capsule Crew Dragon, qui sert depuis 2020 de unique navette spatiale américaine transportant des équipages vers l’ISS. De plus, la NASA a annoncé plus tôt en septembre commander trois autres missions de rotation d’équipage à SpaceX. Au cours de la décennie précédente, Boeing et SpaceX avaient chacun reçu de l’agence fédérale américaine le mandat de concevoir un nouveau véhicule pour acheminer ses spationautes vers l’ISS. Bien que la société dirigée par Elon Musk ait nettement devancé le géant aérospatial américain, l’agence spatiale souhaite impérativement conserver une seconde solution, d’autant plus que celle-ci pourrait éventuellement servir à assurer le transport d’astronautes vers les stations spatiales commerciales qui prendront le relais de l’ISS après sa désorbitation prévue à l’horizon 2030.