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Le salaire des femmes de ménage philippines est la moitié de la moyenne coréenne… « La valeur des soins doit être réévaluée. »

Publié le 17 janvier 2026 à 05h00. Une étude révèle que les aides domestiques philippines en Corée du Sud, recrutées pour pallier les difficultés de conciliation vie professionnelle-vie personnelle des femmes, sont confrontées à des conditions de travail…

Le salaire des femmes de ménage philippines est la moitié de la moyenne coréenne… « La valeur des soins doit être réévaluée. »

Publié le 17 janvier 2026 à 05h00. Une étude révèle que les aides domestiques philippines en Corée du Sud, recrutées pour pallier les difficultés de conciliation vie professionnelle-vie personnelle des femmes, sont confrontées à des conditions de travail précaires et à des salaires inférieurs à ceux des autres professions du secteur.

  • Le salaire mensuel réel des aides domestiques philippines, après déduction des frais de logement et d’assurance, s’élève à environ 1,18 million de wons (environ 820 €).
  • Leur salaire horaire est inférieur de 27 à 35 % à celui des employées de garde d’enfants ou des femmes de ménage coréennes.
  • Des témoignages font état de tâches supplémentaires non prévues initialement, telles que le ménage, la garde d’animaux et les cours d’anglais.

Une analyse récente de la Korea Immigration Policy Society met en lumière les conditions de travail des 100 aides domestiques philippines arrivées en Corée du Sud l’année dernière dans le cadre d’un projet pilote initié par la municipalité de Séoul et le ministère du Travail. L’étude, menée par Lee Mi-ae, professeure à l’Institut de recherche culturelle Tamna de l’Université nationale de Jeju, souligne la nécessité de garantir les droits des travailleurs migrants et de reconnaître la valeur économique du travail de soins.

L’enquête, basée sur des entretiens avec 21 travailleuses philippines âgées de 20 à 30 ans et deux interprètes, a révélé que leur salaire mensuel moyen brut s’élevait à 1,92 million de wons (environ 1 330 €) au cours des six premiers mois. Cependant, après déduction des frais de logement (entre 470 000 et 520 000 wons, soit environ 325 à 360 €), des primes d’assurance et des frais de communication, le revenu net n’atteignait que 1,18 million de wons (environ 820 €). Ce montant représente seulement 51 % du salaire mensuel moyen en Corée du Sud, qui s’élève à 3,737 millions de wons (environ 2 590 €) en 2024.

Le salaire horaire de ces aides domestiques, à 9 860 wons (environ 6,80 €), est significativement inférieur à celui des employées de garde d’enfants (13 590 wons, soit environ 9,40 €) et des femmes de ménage coréennes (entre 14 000 et 15 000 wons, soit environ 9,70 à 10,40 €). L’étude souligne également que, même en travaillant 30 heures par semaine, les déductions pour le logement réduisent considérablement le revenu net.

La professeure Lee met en avant le fait que le problème principal réside dans l’exclusion des travailleurs concernés lors de l’élaboration des politiques relatives au travail domestique migratoire. Elle insiste sur l’importance d’intégrer les expériences et les opinions des travailleurs, et pas seulement celles des employeurs, à toutes les étapes du processus décisionnel.

Elle recommande de garantir le droit au maintien du statut de séjour en cas de changement d’employeur et de garantir les trois droits fondamentaux du travail. Elle plaide également pour une réévaluation de la valeur des services de garde d’enfants et des travaux ménagers, afin de créer un cercle vertueux de « soins de qualité et emplois décents ».

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.