En 1989, le musicien Sting et d’autres ont soutenu la création d’une fondation pour la forêt tropicale pour honorer une promesse faite au chef Raoni de la tribu Kayapó. Trente-cinq ans plus tard, l’organisation a soutenu plus de 300 projets dans quatre continents pour protéger l’Amazonie et les droits des peuples autochtones.
L’histoire de cette fondation trouve ses racines dans un voyage effectué en 1987. Après la sortie de son album « Nothing Like the Sun », le chanteur britannique a été invité dans l’Amazonie brésilienne par le cinéaste belge Jean-Pierre Dutilleux. C’est lors de ce séjour qu’il a rencontré le chef Raoni Metuktire, leader de la communauté Kayapó et reconnaissable à son plateau labial cérémoniel.
Plutôt que de réclamer une aide financière classique pour des infrastructures, le dirigeant autochtone a adressé une requête précise à l’artiste, selon les détails partagés lors des conférences de presse de lancement de l’organisation en 1989.
Raoni n’a pas demandé qu’on lui construise un hôpital ou une école. Il a demandé une seule chose : « Aidez-nous à délimiter nos terres. » Il savait que sans frontière, sans titre légal signé par le gouvernement, ils seraient anéantis. Il ne s’agissait pas d’envoyer de l’argent ; il s’agissait de leur donner les outils juridiques pour défendre ce qui était déjà le leur.
Menaces sur le rio Xingu et mobilisation internationale
À cette époque, la région du fleuve Amazone subissait des destructions quotidiennes orchestrées par des chercheurs d’or illégaux et des bûcherons, aggravées par un projet de complexe de barrages hydroélectriques le long du rio Xingu. Face à cette situation alarmante, le chef Raoni a sollicité l’appui de Sting pour surmonter les obstacles juridiques menaçant la survie de sa communauté.

Convaincu que les populations locales constituent les meilleures gardiennes de la forêt, Sting est rentré en Europe avec la ferme intention d’agir. Avec sa partenaire Trudie Styler, le docteur italien Dr. Franca Sciuto et Jean-Pierre Dutilleux, il a cofondé la Rainforest Foundation en 1989. Pour sensibiliser le public, le musicien a mené une tournée mondiale de 60 jours à travers 17 pays, emmenant le chef Raoni à ses côtés.
Cette tournée a permis de rencontrer de hauts dirigeants politiques, parmi lesquels le pape Jean-Paul II, le président français François Mitterrand et le roi Charles III. Ces efforts diplomatiques et médiatiques ont généré des millions de dollars de dons individuels, servant à financer les relevés topographiques et le marquage physique des frontières territoriales.
Le bilan et l’action du Rainforest Fund
En 2011, Trudie Styler est revenue sur les motivations profondes du projet dans un billet de blog publié sur le Huffington Post. Elle a souligné que si les statistiques sur la dégradation environnementale étaient connues de tous, l’observation directe de la déforestation depuis les airs avait profondément bouleversé leur perception. Elle a également décrit la réalité poignante vécue par les habitants de ces régions.

Sur un plan humain, la Rainforest Foundation apporte un soutien financier aux personnes vivant dans et autour des forêts tropicales du monde, les aidant à préserver leur environnement et à protéger leurs droits à la terre, à la vie et aux moyens de subsistance. Nous aidons les groupes indigènes à devenir plus indépendants et autonomes, et notre priorité est de les aider à obtenir des droits légaux sur les terres qu’ils habitent.
Depuis sa création, l’organisation a étendu son rayon d’action bien au-delà de sa mission initiale au Brésil. Le Rainforest Fund a apporté des financements et diverses formes d’assistance à des centaines d’organisations non gouvernementales et communautaires réparties sur quatre continents, fournissant notamment une aide juridique et des programmes de protection des droits humains.