Publié le 17 janvier 2026 06:21:00. Deux chercheurs issus de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) ont été récompensés par des subventions prestigieuses de l’American Chemical Society (ACS) pour leurs travaux prometteurs en chimie verte, ouvrant la voie à des procédés chimiques plus durables et respectueux de l’environnement.
- Le professeur Soumitra Athavale et la docteure Mélissa Ramirez, tous deux formés à l’UCLA, figurent parmi les quatre lauréats nationaux des subventions d’allumage 2025 de la table ronde pharmaceutique de l’Institut de chimie verte (GCIPR) de l’ACS.
- Le projet du professeur Athavale vise à révolutionner l’hydrogénation biocatalytique grâce à une nouvelle approche radicale, tandis que la docteure Ramirez développe une méthode catalysée par le cuivre pour synthétiser des structures moléculaires complexes.
- Ces recherches s’inscrivent dans une démarche plus large de transformation de la synthèse chimique pour un avenir plus vert, en privilégiant des catalyseurs moins toxiques et des conditions de réaction plus douces.
Le professeur Soumitra Athavale, titulaire de la chaire John D. et Edith M. Roberts en chimie organique à l’UCLA depuis 2023, travaille sur une méthode innovante de « réduction asymétrique et biocatalytique des oléfines non activées ». Son équipe entend repousser les limites de l’hydrogénation biocatalytique en permettant la réduction asymétrique d’oléfines qui, jusqu’à présent, restaient inaccessibles aux enzymes traditionnelles. Pour ce faire, ils exploitent un nouveau mécanisme radicalaire baptisé transfert d’atomes d’hydrogène à médiation métallique coopératif biocatalytique (BioHAT). L’objectif est de faire évoluer des protéines hèmes thermostables pour effectuer ces transformations dans l’eau et à température ambiante, offrant ainsi une alternative durable aux processus catalysés par des métaux souvent dangereux.
La docteure Mélissa Ramirez, diplômée de l’UCLA en 2021 (Ph.D. sous la direction des professeurs Ken Houk et Neil Garg), a mené des recherches postdoctorales au California Institute of Technology avec le professeur Brian Stoltz avant de rejoindre le département de chimie de l’Université du Minnesota Twin Cities en janvier 2025 en tant que professeure adjointe. Son projet, intitulé « Synthèse énantiosélective du centre de carbone quaternaire via la dicarbofonctionnalisation catalysée par Cu des N-Tosylhydrazones », propose une nouvelle approche pour synthétiser des centres de carbone quaternaires, des éléments essentiels dans de nombreuses molécules bioactives, comme l’hyperforine et la communesine C. Contrairement aux méthodes conventionnelles qui utilisent des métaux coûteux et moins respectueux de l’environnement tels que le rhodium ou le palladium, la méthode de Ramirez s’appuie sur le cuivre, un métal moins toxique et plus durable. Elle vise à convertir des cétones en molécules complexes via des intermédiaires N-tosylhydrazone et des espèces allényl Cu, créant ainsi une plateforme polyvalente pour la découverte de médicaments, combinant à la fois des approches expérimentales et informatiques.
Le programme ACS GCIPR Ignition Grants, lancé en 2016, a pour vocation de soutenir des projets innovants en chimie verte au sein du monde universitaire et de favoriser la collaboration entre les chercheurs et les experts de l’industrie. L’annonce de l’ACS souligne que les lauréats de cette année incarnent un esprit d’innovation et d’engagement envers la durabilité, leurs travaux couvrant des domaines de pointe tels que la catalyse, la biocatalyse et l’ingénierie enzymatique.
Penny Jennings, Département de chimie et de biochimie de l’UCLA, [email protected].
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