L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo continue de s’étendre avec la contamination de deux nouvelles zones de santé, d’après les déclarations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le virus, provoqué par la souche Bundibugyo, a atteint la zone de Bulu dans le Sud-Ubangi, à la frontière de la République centrafricaine, ainsi que la zone de Dungu dans la province du Haut-Uele, limitrophe du Sud-Sudan.
Extension de l’épidémie d’Ebola à de nouvelles zones sanitaires
Cette propagation porte le nombre total de zones de santé touchées à 63 à travers sept provinces du pays. Selon les chiffres arrêtés au 23 septembre, l’épidémie a fait 7 890 cas confirmés et 3 799 décès, ce qui représente un taux de létalité brut de 48,1 pour cent, d’après les données publiées par l’OMS. L’agence sanitaire des Nations Unies souligne que, bien que le nombre quotidien de nouveaux cas reste élevé à l’échelle nationale, la situation varie considérablement selon les régions.
Défis de la riposte et difficultés sur le terrain
Les autorités sanitaires et les organisations humanitaires font face à d’importants obstacles pour endiguer la propagation. Le directeur général de l’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a indiqué que le traçage des contacts est nettement insuffisant par rapport aux objectifs fixés. Alors que les milliers de cas enregistrés devraient générer un suivi de 420 000 contacts, seules 30 000 personnes figurent actuellement sur les listes de surveillance.

De plus, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a mis en garde contre l’impact négatif des conflits armés et des déplacements de population, qui compliquent l’accès des équipes médicales aux communautés touchées. Les patients ont également tendance à retarder leur venue dans les structures de soins par crainte d’y mourir, ce qui alimente le nombre élevé de décès survenant directement au sein des communautés.
Financements internationaux et mesures d’aide
Face à l’ampleur de la crise, un soutien financier international a été mobilisé. Les dirigeants du G20+ ont ainsi promis une aide globale de 2,9 milliards de dollars lors d’une réunion ministérielle à New York. Pour sa part, les États-Unis ont annoncé une contribution supplémentaire de 267 millions de dollars, portant leur engagement total à 887 millions de dollars pour financer des unités de traitement, des équipes d’inhumation sécurisées et le renforcement de la surveillance sanitaire.

Cependant, les responsables de la santé publique rappellent que les engagements financiers doivent être rigoureusement suivis pour se traduire par des actions concrètes sur le terrain. La souche Bundibugyo demeure particulièrement complexe à traiter en l’absence de vaccins et de traitements largement approuvés, ce qui conduit les autorités à accélérer les essais cliniques en cours.