Home SantéComment Cedars-Sinai utilise les « avatars » de l’IA pour remplacer les tests sur les animaux »

Comment Cedars-Sinai utilise les « avatars » de l’IA pour remplacer les tests sur les animaux »

by Sophie Martin

Cedars-Sinai vient de décrocher un financement majeur pour développer une plateforme d’intelligence artificielle révolutionnaire, capable de prédire la toxicité des médicaments avec une précision accrue. L’objectif : réduire drastiquement le nombre d’échecs en essais cliniques et accélérer la mise à disposition de traitements plus sûrs pour les patients.

Plus de 30 % des essais cliniques sont abandonnés en raison d’effets indésirables imprévus, un revers coûteux pour les laboratoires pharmaceutiques qui ont déjà investi des centaines de millions de dollars dans ces projets. Cette situation, souvent qualifiée de « vallée de la mort » dans le développement de médicaments, pourrait être en voie de changer grâce à KronosRx, la nouvelle plateforme développée par l’équipe du Dr Nicholas Tatonetti.

KronosRx combine l’analyse de millions de dossiers médicaux électroniques anonymisés avec des « avatars de patients », des modèles cellulaires miniatures créés à partir de cellules souches humaines. Ces organoïdes, reproduisant des organes comme le cœur ou le cerveau, permettent de simuler en temps réel les réactions du corps humain à de nouveaux médicaments.

« Chaque année, de nombreux médicaments prometteurs échouent dans les essais parce que les tests sur les animaux et les études en laboratoire à court terme ne peuvent pas prédire comment les médicaments se comportent chez des personnes réelles au fil du temps », explique le Dr Tatonetti, vice-président de la biomédecine computationnelle à Cedars-Sinai et chercheur principal du projet. « Ces échecs retardent les traitements vitaux et font grimper les coûts de développement de médicaments. »

L’approche de KronosRx se distingue par sa capacité à prendre en compte des facteurs individuels tels que l’âge, les maladies préexistantes et les interactions médicamenteuses, contrairement aux tests traditionnels sur animaux qui ne peuvent offrir qu’une vision statique. L’intelligence artificielle, nourrie par ces données biologiques et les informations issues des dossiers de santé électroniques, permet de modéliser de manière dynamique la réponse de chaque patient.

Le projet, financé par un contrat de l’Agence des projets de recherche avancée pour la santé (ARPA-H) d’un montant pouvant atteindre 5,05 millions de dollars (environ 4,6 millions d’euros), s’appuie sur l’expertise d’une équipe pluridisciplinaire. Le Dr Clive Svendsen se concentrera sur la neurotoxicité, tandis que le Dr Arun Sharma étudiera la cardiotoxicité, une cause fréquente d’arrêt de traitement. La Dre Graciela Gonzalez-Hernández sera chargée d’extraire les informations pertinentes des dossiers médicaux, une tâche complexe en raison de la nature non structurée de ces données.

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