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Trump menace de nouveaux tarifs douaniers pour l’UE

by Clara Dubois

Publié le 17 janvier 2026 17h43. L’ancien président américain Donald Trump a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane à huit pays européens, dont l’Allemagne et la France, si ces derniers ne lui cèdent pas le Groenland. Cette escalade verbale intervient alors que l’Union européenne tentait de stabiliser ses relations commerciales avec les États-Unis.

  • Donald Trump menace d’imposer des tarifs douaniers supplémentaires à huit pays européens si ceux-ci ne lui cèdent pas le Groenland.
  • Les tarifs douaniers pourraient atteindre 25 % d’ici juin 2026, selon les annonces de l’ancien président américain.
  • Des manifestations contre les exigences de Trump ont eu lieu au Groenland et au Danemark.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, espérait avoir trouvé un terrain d’entente avec l’administration américaine en concluant un accord douanier fin juillet 2025. Cet accord visait à apporter une certaine prévisibilité et stabilité aux échanges commerciaux transatlantiques. Cependant, cette entente est désormais remise en question par les récentes déclarations de Donald Trump.

Samedi soir, l’ancien président américain a publié sur son réseau social Truth Social une menace claire : des droits de douane supplémentaires seront imposés à huit pays européens si ceux-ci ne consentent pas à céder le Groenland aux États-Unis. Les pays visés sont la Suède, la France, l’Allemagne, la Finlande, le Danemark, les Pays-Bas, la Norvège et le Royaume-Uni. Trump a précisé qu’un tarif de 10 % supplémentaire entrerait en vigueur le 1er février, suivi de droits de douane de 25 % le 1er juin, avec une augmentation potentielle si les Européens ne se conformaient pas à ses exigences.

Actuellement, les importations de l’UE vers les États-Unis sont soumises à un tarif de 15 %. Si Trump met sa menace à exécution, ce taux passerait à 25 % à partir du 1er février.

Cette offensive verbale intervient alors que plusieurs pays européens ont annoncé l’envoi de contingents militaires au Groenland dans le cadre de ce qui a été décrit comme une « mission exploratoire ». L’Allemagne, par exemple, a dépêché treize soldats sur place vendredi.

Samedi, des manifestations contre les exigences de Trump ont eu lieu au Groenland et au Danemark, témoignant de l’opposition locale à toute cession du territoire.

« Le Groenland n’est pas à vendre » : à Nuuk, la capitale du Groenland, les gens sont descendus dans la rue samedi pour manifester contre les intentions de Trump.

La politique de Trump à l’égard du Groenland est largement impopulaire aux États-Unis. Un récent sondage de l’institut Yougov a révélé que seulement 28 % des Américains soutiennent l’achat du Groenland, et seulement 8 % sont favorables à une conquête militaire de la plus grande île du monde.

L’ancien président américain pourrait également se heurter à une résistance au Congrès américain. Bien que les Républicains disposent d’une faible majorité dans les deux chambres, de nombreux parlementaires critiquent sa politique étrangère agressive. Certains transatlantistes craignent que l’alliance avec l’Europe ne soit compromise, tandis que d’autres, plus libertaires ou proches du mouvement MAGA, s’opposent à toute intervention dans les affaires étrangères.

Vendredi, onze députés américains se sont rendus à Copenhague pour assurer au gouvernement danois de leur soutien. La délégation était composée en majorité de démocrates, mais comprenait également les sénateurs républicains Lisa Murkowski et Thom Tillis, souvent critiques à l’égard de Trump. Sur X (anciennement Twitter), Tillis a déclaré que la réponse de Trump à l’envoi d’un petit contingent de troupes européennes au Groenland était préjudiciable à l’Amérique, à ses entreprises et à ses alliés, et qu’elle profitait à la Russie et à la Chine.

Mercredi, le Parlement américain était sur le point de retirer à Trump le droit d’autoriser de nouvelles frappes militaires au Venezuela. Cependant, à la dernière minute, deux sénateurs républicains ont retiré leur soutien à une proposition démocrate. Cette volte-face a été rendue possible par le vote de départage du vice-président.

Par ailleurs, la Cour suprême américaine devrait prochainement se prononcer sur la légalité des tarifs douaniers imposés par Trump par le passé, notamment les tarifs « réciproques » et les « tarifs douaniers sur le fentanyl ». Trump a invoqué une loi d’urgence qui ne mentionne pas explicitement les tarifs douaniers. Lors d’une audience à l’automne, les juges ont posé des questions critiques à l’avocat de Trump, laissant présager une possible limitation de ses pouvoirs.

Dans son message sur Truth Social, Trump n’a pas précisé sur quelle base juridique il imposerait les nouveaux tarifs douaniers aux huit pays européens.

La menace de Trump est intervenue le même jour que la signature d’un accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) au Paraguay. Cet accord, qui fait débat en Europe, notamment parmi les agriculteurs, vise à renforcer l’indépendance économique de l’UE vis-à-vis des États-Unis.

Le président du Conseil de l’UE, António Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont publié une déclaration commune exprimant la solidarité de l’UE avec le Danemark et le Groenland, et soulignant la nécessité du dialogue.

Bernd Lange, président de la commission du commerce du Parlement européen, a déclaré que cette attitude était un « affront incroyable » et a suggéré que le Parlement européen pourrait suspendre l’examen de l’accord douanier conclu avec les États-Unis en juillet.

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