Bruxelles et Londres s’opposent fermement à la menace américaine d’imposer des droits de douane punitifs sur des milliards d’euros de marchandises européennes, une escalade liée à la volonté du président Trump d’acquérir le Groenland. La dispute, qui a secoué les marchés financiers, met à l’épreuve les alliances transatlantiques et soulève des questions sur la stratégie américaine dans l’Arctique.
Le Premier ministre britannique, Sir Keir Starmer, a exprimé sa désapprobation lors d’un entretien téléphonique avec Donald Trump dimanche soir, soulignant que « l’imposition de droits de douane à des alliés pour assurer la sécurité collective des membres de l’OTAN est une erreur ». Downing Street a précisé que Starmer avait également discuté de la situation avec la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, réitérant à chaque fois sa position sur le Groenland et l’importance de la sécurité dans le Grand Nord.
La Première ministre danoise a, pour sa part, déclaré que « l’Europe ne sera pas soumise à un chantage », en réponse aux menaces de Trump d’imposer des droits de douane de 10 %, qui pourraient atteindre 25 % à partir du 1er juin, sur les produits importés de plusieurs pays européens – le Danemark, la Suède, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande, ainsi que le Royaume-Uni et la Norvège – jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé pour la vente du Groenland aux États-Unis.
Bruxelles envisage de riposter en imposant des droits de douane d’une valeur totale de 93 milliards d’euros (107,71 milliards de dollars) sur les produits américains et en restreignant l’accès des entreprises américaines au marché européen. Ces mesures, discutées dimanche par les ambassadeurs de l’UE, visent à donner aux dirigeants européens un levier lors des prochaines rencontres avec Trump au Forum économique mondial de Davos.
Plusieurs pays européens, dont le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni, ont déjà averti conjointement que ces droits de douane « porteraient atteinte aux relations transatlantiques et risqueraient une dangereuse spirale descendante ».
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a justifié la position américaine en affirmant que la « faiblesse » européenne rend nécessaire un contrôle américain du Groenland pour assurer la stabilité mondiale, dans le cadre d’un jeu géopolitique avec la Russie et la Chine. Il a estimé que les dirigeants européens finiraient par « se rallier » à cette idée.
La tension a également débordé sur le terrain, avec un spectateur interrompant un match de la NBA à Londres en criant « Laissez le Groenland tranquille ! », une action saluée par les applaudissements de la foule. Donald Trump avait précédemment affirmé sur les réseaux sociaux que le Danemark était incapable de faire face à la « menace russe » depuis 20 ans et que l’acquisition du Groenland était désormais nécessaire.
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