Home NouvellesLa ville de New York dresse une carte top secrète de tout ce qui se trouve sous la rue

La ville de New York dresse une carte top secrète de tout ce qui se trouve sous la rue

by Nicolas Lefèvre

New York s’apprête à lever le voile sur un secret bien gardé : une cartographie numérique inédite de ses réseaux souterrains. Ce projet ambitieux, fruit d’une collaboration entre entités publiques et privées, vise à mettre fin aux retards et aux surcoûts engendrés par les découvertes imprévues lors des travaux.

À retenir

  • Le projet de remplacement des égouts de York Avenue, initialement prévu pour durer deux à trois ans, en est désormais à sa neuvième année en raison de la complexité des infrastructures souterraines non répertoriées.
  • La ville de New York investit 10 millions de dollars (environ 9,2 millions d’euros) dans la création d’une carte numérique ultra-sécurisée de ses réseaux souterrains, inspirée de modèles existants à Singapour, Tokyo et au Royaume-Uni.
  • Cette carte, accessible uniquement aux agents municipaux autorisés, devrait permettre de réduire les délais et les coûts des chantiers, tout en améliorant la sécurité des interventions d’urgence.

Contexte

Les entrailles de New York recèlent un véritable labyrinthe de canalisations, de câbles électriques et de conduites de gaz, souvent mal documentées. Cette situation pose des problèmes récurrents lors des travaux de construction et de maintenance. Thomas Wynne, adjoint au commissaire aux infrastructures du département de la conception et de la construction de la ville, explique : « Nous avions initialement prévu un projet de deux à trois ans, et nous en sommes maintenant à la neuvième année. Tout cela est dû au grand nombre d’inconnues que nous avons rencontrées. La principale raison pour laquelle ce chantier a pris autant de temps est le fait que nous avons découvert de nombreuses installations souterraines que nous ne nous attendions pas à trouver. »

Les difficultés rencontrées lors des opérations de secours après les attentats du 11 septembre 2001 au World Trade Center ont mis en évidence le manque crucial d’une cartographie précise des infrastructures souterraines. Depuis, la nécessité d’une telle carte est devenue une priorité.

Ce qui change

Le projet, piloté par le bureau du maire, vise à créer un système de « demande de coupe » plutôt qu’une carte statique. Un agent municipal autorisé pourra ainsi accéder aux données spécifiques à un lieu donné, qui seront ensuite intégrées dans une visualisation 3D. Les données seront effacées une fois la demande traitée, garantissant ainsi la sécurité des informations. Dan Steinberg, directeur au bureau du maire, souligne : « Les professionnels de nos services d’urgence décrivent des situations où ils superposent des cartes papier sur le capot de leurs voitures sur le site d’une urgence. Cela, pour moi, résume le problème. Plus de choses peuvent mal tourner lorsque l’on travaille de cette manière archaïque. »

La plateforme devrait être opérationnelle début 2028. Les estimations suggèrent que l’accès à ces données pourrait permettre de gagner entre six mois et un an sur les chantiers. Au Royaume-Uni, un projet similaire lancé en 2019 et en phase de test bêta depuis juin 2025, prévoit une croissance économique annuelle d’au moins 535 millions de dollars (environ 495 millions d’euros) grâce à une efficacité accrue et à une réduction des dommages aux infrastructures.

La première phase du projet consiste à analyser la composition du sol, en s’appuyant sur des dizaines de milliers de données collectées par les différents organismes et entreprises privées. Le département des bâtiments de la ville détient environ 70 % de ces données, obtenues dans le cadre des permis de construire. Ces informations sont actuellement analysées par l’université Columbia.

Prochaines étapes

La coordination entre les différentes parties prenantes (MTA, compagnies de télécommunications, Con Edison, National Grid, etc.) représente un défi majeur. Certaines entreprises privées se montrent réticentes à partager leurs données, préférant les communiquer directement lors de rencontres. La ville ne peut pas les y contraindre. National Grid a déclaré continuer à « travailler en étroite collaboration avec les agences municipales et nos collègues des services publics pour assurer un service sûr et fiable », et s’engage à poursuivre cette collaboration dans le cadre de ce projet. Con Edison n’a pas souhaité commenter le projet.

« Il s’agit d’un investissement pour les générations futures. Plus nous commencerons tôt, plus vite cela portera ses fruits », conclut Thomas Wynne. « Nous allons rassembler tous les enregistrements existants, ce qui constituera un bond en avant par rapport à la situation actuelle. »

Chiffres clés

Indicateur Valeur
Investissement de la ville de New York 10 millions de dollars (environ 9,2 millions d’euros)
Croissance économique annuelle estimée au Royaume-Uni 535 millions de dollars (environ 495 millions d’euros)

Sources

Déclarations de Thomas Wynne, adjoint au commissaire aux infrastructures, et de Dan Steinberg, directeur au bureau du maire.

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