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Kane Parsons, 20 ans, bat des records avec Backrooms (81M$ d’ouverture)

Le film d'horreur Backrooms, adapté d'une série YouTube virale, a pulvérisé les records avec un démarrage de 81,5 millions de dollars en Amérique du Nord. Réalisé par le jeune Kane Parsons, ce succès massif marque un tournant pour…

L'épopée de Kane Parsons : du YouTube au sommet des charts

Le film d’horreur Backrooms, adapté d’une série YouTube virale, a pulvérisé les records avec un démarrage de 81,5 millions de dollars en Amérique du Nord. Réalisé par le jeune Kane Parsons, ce succès massif marque un tournant pour A24 et démontre l’impact croissant des contenus numériques sur le grand écran.

L’épopée de Kane Parsons : du YouTube au sommet des charts

Le succès de Backrooms n’est pas seulement une victoire financière, c’est une anomalie statistique qui redéfinit les trajectoires de carrière à Hollywood. Avec un budget de production tournant autour de 10 millions de dollars, le film a généré un total mondial de 118 millions de dollars, dépassant largement les projections initiales qui tablaient sur un démarrage domestique compris entre 40 et 50 millions de dollars. Ce qui frappe, c’est l’âge de son créateur : Kane Parsons n’a que 20 ans.

L'épopée de Kane Parsons : du YouTube au sommet des charts
cluster (priority): ScreenCrush

Il devient ainsi le plus jeune réalisateur de l’histoire à occuper la première place du box-office avec un long métrage, détrônant Josh Trank qui, à 27 ans, avait mené Chronicle à la tête des ventes en 2012. Le parcours de Parsons est celui d’un natif du numérique. En 2022, il partageait déjà une courte vidéo réalisée avec le logiciel 3D Blender sur sa chaîne YouTube, une séquence qui allait rapidement récolter 20 millions de vues.

L'épopée de Kane Parsons : du YouTube au sommet des charts
cluster (priority): Deadline

« J’avais 16 ans… c’était tout à fait nouveau et j’étais très sceptique quant à ce que cela pourrait signifier d’essayer d’adapter cela ou de m’engager avec les dirigeants », se souvient Parsons, évoquant ses premiers contacts avec les studios hollywoodiens.

Malgré ses doutes initiaux, le cinéaste a tenu à garder un contrôle total sur sa vision, refusant de céder aux pressions industrielles sur un projet qui lui tenait tant à cœur. Selon The Jakarta Post, il n’a accepté de conclure un accord avec A24 et deux autres sociétés de production qu’à la condition sine qua non de diriger lui-même l’œuvre.

Le duel des box-office : l’indépendance contre les blockbusters

Le week-end de lancement a révélé un basculement des priorités du public. Alors que la saison estivale est traditionnellement le domaine réservé des grandes franchises, l’horreur indépendante semble désormais capable de rivaliser avec les mastodontes. Le film de Disney, The Mandalorian and Grogu, a subi une chute brutale de 70 % lors de son deuxième week-end, illustrant une difficulté croissante pour les propriétés intellectuelles établies à captiver au-delà de leur noyau de fans historiques.

For more on this story, see Backrooms’ Turns an Online Obsession Into Box-Office Gold.

Kane Parsons on the psychology of liminal spaces and Backrooms

À l’inverse, le box-office est dominé par deux forces montantes. D’un côté, Backrooms qui, selon Deadline, a réalisé le plus grand démarrage de l’histoire pour A24, écrasant le record précédent de 25,5 millions de dollars détenu par le thriller Civil War en 2024. De l’autre, le thriller psychologique Obsession de Focus Features continue sa progression constante.

FilmPerformance (Week-end/Total)Note clé
Backrooms81,5 M$ (NA)Record A24 et plus grand démarrage horreur original
Obsession26,4 M$ (3e week-end)Dépasse les 100 M$ en Amérique du Nord
The Mandalorian and GroguChute de 70 %Troisième place malgré une présence accrue en salles

Ce succès est porté par une démographie très spécifique. Les foules de la génération Z ont envahi les cinémas pour soutenir ces productions. Les données de PostTrak indiquent que près de 85 % de l’audience était âgée de moins de 35 ans, et plus de la moitié avait moins de 25 ans.

L’esthétique de l’inquiétude : pourquoi les espaces liminaux nous hantent

Au-delà des chiffres, le succès de Backrooms repose sur une maîtrise de l’angoisse visuelle liée aux "espaces liminaux". Ce concept, devenu viral via des récits de type "creepypasta" sur internet, désigne ces lieux de transition — couloirs d’hôtels, parkings vides ou centres commerciaux déserts — qui, lorsqu’ils sont dépourvus de présence humaine, génèrent un sentiment d’étrangeté et de malaise.

L'esthétique de l'inquiétude : pourquoi les espaces liminaux nous hantent
cluster (priority): Variety

Cette approche n’est pas nouvelle dans l’histoire du cinéma. Comme l’explique ScreenCrush, des chefs-d’œuvre comme The Shining de Stanley Kubrick ont utilisé des espaces vastes et vides pour illustrer la décomposition mentale de leurs personnages. Backrooms transpose cette sensation dans un univers de décomposition corporative, avec ses couloirs jaunâtres et ses lumières fluorescentes incessantes.

Le film suit le parcours d’un propriétaire de magasin de meubles, interprété par Chiwetel Ejiofor, qui découvre un complexe labyrinthique sous son commerce. Sa thérapeute, jouée par Renate Reinsve, doit s’aventurer dans ce monde parallèle pour tenter de le retrouver. Cette narration puise directement dans l’imaginaire collectif du web, où l’image originale — une photo de rénovation de magasin datant de 2002 — a nourri des années de spéculations et de récits d’horreur.

L’enjeu pour l’industrie est désormais de savoir si ce modèle peut se pérenniser. Si Parsons commence déjà à envisager la création d’une franchise cinématographique, la question demeure de savoir si le public suivra une série de films basés sur un concept aussi éphémère et visuel que celui des espaces liminaux. Une chose est certaine : la frontière entre le contenu viral et le blockbuster de studio n’a jamais été aussi poreuse.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.