Le 1er juin 2026, l’administration Trump a annoncé qu’elle suspendait temporairement la création d’un fonds de 1,8 milliard de dollars destiné à compenser ses alliés accusés de subir une « instrumentalisation judiciaire ». Cette décision survient après une vague de critiques sans précédent, y compris au sein du Parti républicain, et une ordonnance judiciaire bloquant temporairement le projet.
Un projet controversé au cœur des tensions partisanes
L’annonce, faite par le département de la Justice, marque un revirement face à un plan initialement présenté comme une réponse aux poursuites judiciaires et aux fuites de documents fiscaux visant Donald Trump. Selon NBC News, le fonds, baptisé « Anti-Weaponization Fund », aurait permis de verser des sommes à des figures proches du président, dont des participants à l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021. Le département de la Justice a réagi à une décision de justice rendue vendredi par un juge fédéral de Virginie, qui a ordonné la suspension des démarches administratives liées à ce fonds, le temps d’examiner les arguments des deux parties. Bien que l’administration « désapprouve fortement » cette décision, elle a indiqué qu’elle s’y conformerait en attendant une audience prévue le 12 juin. Le projet a immédiatement provoqué une levée de boucliers, même parmi les républicains. Selon le sénateur Ted Cruz, près de la moitié des sénateurs républicains étaient prêts à s’allier aux démocrates pour bloquer ce fonds, le jugeant incompatible avec les valeurs du parti. Le sénateur Chuck Grassley, président de la commission judiciaire du Sénat, a même qualifié le fonds de « non-démarreur » et exigé son abandon pur et simple pour débloquer le vote sur le financement de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et de la Border Patrol.Cette suspension temporaire n’a pas apaisé les tensions. Les démocrates, déjà hostiles au projet, ont menacé de déposer des amendements dans le cadre de la loi de conciliation en cours pour interdire définitivement le fonds. Ils ne croient pas à une véritable renonciation de l’administration Trump, qui pourrait chercher à relancer le projet plus tard.
Un fonds conçu pour répondre à des accusations de « chasse aux sorcières »

Un revirement qui ne suffit pas à apaiser les républicains dissidents
Quelles conséquences pour l’avenir du projet ?
À court terme, la suspension du fonds pourrait permettre de débloquer le vote sur le financement de l’ICE et de la Border Patrol, un enjeu majeur pour l’administration Trump. Cependant, la question de savoir si ce revirement est définitif ou simplement temporaire reste entière. Les démocrates, déterminés à empêcher toute résurrection du projet, pourraient forcer un vote sur une interdiction formelle dans les prochaines semaines. Pour l’instant, le département de la Justice continue de défendre la légitimité du fonds, arguant qu’il répond à des abus judiciaires réels. Mais face à l’unanimité des critiques, même au sein de son propre camp, l’administration semble contrainte de faire marche arrière — du moins pour l’instant.La suspension du fonds de 1,8 milliard de dollars marque un tournant dans la stratégie politique de Donald Trump, mais son avenir reste incertain. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si ce revirement est durable ou simplement une pause dans une bataille qui ne fait que commencer.