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Technologie et science

Étude : 10 minutes d’IA altèrent les compétences cognitives

Des chercheurs de prestigieuses universités, dont le MIT et Oxford, ont démontré que l'usage de l'intelligence artificielle pendant seulement dix minutes peut altérer les capacités de résolution de problèmes. L'étude révèle qu'une assistance immédiate provoque une chute brutale…

La chute brutale des performances après l'usage de l'IA

Des chercheurs de prestigieuses universités, dont le MIT et Oxford, ont démontré que l’usage de l’intelligence artificielle pendant seulement dix minutes peut altérer les capacités de résolution de problèmes. L’étude révèle qu’une assistance immédiate provoque une chute brutale des performances dès que l’outil est retiré, augmentant le risque de résignation cognitive.

La chute brutale des performances après l’usage de l’IA

Une expérience menée par des équipes de recherche issues de l’université Carnegie Mellon, d’Oxford, du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) met en lumière un paradoxe de l’assistance numérique. Selon les conclusions rapportées par SadaNews, l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle peut nuire aux compétences cognitives en moins de dix minutes. Pour mesurer cet impact, les scientifiques ont mis en place un test mathématique basé sur les fractions. Le protocole opposait deux groupes : une moitié de participants devait résoudre les problèmes de manière autonome, tandis que l’autre pouvait s’appuyer sur une assistance par IA pendant environ dix minutes. Le piège s’est refermé lors des trois dernières questions, lorsque l’aide a été soudainement retirée. Si le groupe assisté a initialement obtenu de meilleurs résultats, l’absence de l’outil a provoqué un effondrement de leur efficacité. Les données sont sans appel :
  • Le taux de réussite dans la résolution de problèmes a chuté de 20 % par rapport au groupe n’ayant jamais utilisé l’IA.
  • Les participants ayant perdu leur assistance étaient deux fois plus susceptibles de passer les questions ou de les laisser sans réponse.
  • Des résultats similaires ont été observés lors de tests de compréhension de lecture.

« Nous avons trouvé que recourir à l’intelligence artificielle améliore la performance immédiate, mais cela vient avec un coût cognitif élevé. Après seulement 10 minutes de résolution de problèmes avec l’aide de l’intelligence artificielle, les personnes qui ont perdu l’accès à cette assistance ont montré une performance inférieure et se sont davantage résignées par rapport à ceux qui ne l’avaient pas utilisée du tout ».

Des modifications neurologiques mesurées par le MIT

Développement des compétences : Études actions
Au-delà de la simple performance chiffrée, les chercheurs cherchent à comprendre ce qui se passe physiquement dans le cerveau. Une étude préliminaire du MIT, analysée par Annabac.com, a utilisé des casques de mesure pour suivre le flux d’informations cérébrales chez 54 volontaires. L’objectif était d’observer l’activité cérébrale lors de la rédaction de textes, avec ou sans l’aide de ChatGPT. Les observations sont préoccupantes pour ceux qui envisagent une délégation systématique de la pensée :
  • On note une diminution de l’activité dans les zones du cerveau liées à l’attention, à la planification et à la mémoire de travail.
  • Quatre mois après l’expérience, les performances linguistiques et comportementales étaient en baisse chez ceux ayant délégué la rédaction à l’IA.
  • Les textes produits via ces outils s’avèrent plus stéréotypés, plus lisses et moins originaux.
Ces résultats suggèrent que moins l’esprit mobilise ses fonctions cognitives, moins celles-ci s’activent et, potentiellement, moins elles se renforcent.

Le risque d’atrophie et le signal d’alarme pour la Génération Z

Le risque d'atrophie et le signal d'alarme pour la Génération Z
cluster (priority): annabac.com
Cette tendance soulève la question de l’atrophie cognitive. Des chercheurs d’Anthropic, l’entreprise derrière le modèle Claude, soulignent que les compétences confiées à la machine déclinent plus rapidement que celles que l’on continue d’exercer. Ce phénomène n’est pas totalement inédit : l’arrivée de la calculatrice avait déjà réduit la pratique du calcul mental. Cependant, la capacité de l’IA à rédiger, planifier ou synthétiser des idées place le débat sur un terrain plus profond. Le risque semble particulièrement marqué pour les « digital natives ». Selon les analyses du neuroscientifique Jared Cooney Horvath, relayées par TF1 Info, la Génération Z — les individus nés entre 1990 et 2010 — pourrait être la première génération moderne à afficher des performances cognitives inférieures à celles de ses aînés. L’enjeu n’est pas tant la technologie elle-même que l’absence d’effort cognitif qu’elle peut induire. Si l’IA offre un confort immédiat, elle semble agir comme un substitut qui, à terme, pourrait affaiblir les mécanismes fondamentaux de la réflexion autonome.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.