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Technologie et science

Experts de l’ONU Mettent en Garde Contre la Rhétorique de la Peur sur l’IA

Réunis à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, plusieurs membres d'un comité international sur l'intelligence artificielle ont pris position contre le ton…

Réunis à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, plusieurs membres d’un comité international sur l’intelligence artificielle ont pris position contre le ton catastrophique adopté par certains acteurs du secteur technologique.

Les critiques formulées à l’encontre du discours de la peur

Lors de cet événement, Joëlle Barral, cadre chez Google DeepMind et membre du comité scientifique international indépendant sur l’intelligence artificielle, a réagi aux récentes prises de parole alarmistes de professionnels de la tech. Interrogée sur le décalage entre le ton mesuré du comité et les déclarations de certains individus, elle a souligné que l’investissement dans la rhétorique de la peur s’avère inefficace.

Investir dans la peur n’est pas vraiment efficace.

Joëlle Barral, cadre chez Google DeepMind et membre du comité

Ce débat fait suite à des interventions marquantes sur la scène technologique. Début septembre, Jacob Coxon, un informaticien ancien employé d’Anthropic et passé par OpenAI, a affirmé que les développeurs croyaient que l’IA pourrait anéantir l’humanité d’ici la fin de la décennie. Dans la même veine, un ingénieur de recherche ayant quitté Google DeepMind en juillet a estimé qu’il était peut-être trop tard pour éviter l’éradication de l’humanité.

Une vision nuancée défendue par Maria Ressa et Yoshua Bengio

Face à ces visions extrêmes, Maria Ressa, co-présidente du comité, a exhorté les intervenants à modifier leur approche lexicale et conceptuelle. Elle a rappelé que le futur de l’IA a trop longtemps été réduit à une binarité stérile.

Pendant longtemps, l’IA du futur c’était soit le risque existentiel, on allait tous mourir et les robots tueurs allaient venir, soit ça n’avait pas d’importance. La vérité est beaucoup plus nuancée et sophistiquée. On ne peut pas transformer ça en idéologie, or on se dirige vers ça.

Maria Ressa, co-présidente du comité

De son côté, Yoshua Bengio, considéré comme l’un des pères fondateurs de l’IA et également co-président du comité, a insisté sur la nécessité rigoureuse de séparer les données acquises des simples conjectures. Le comité scientifique international indépendant sur l’IA, créé en 2025 et dont les membres ont été sélectionnés en février 2026, a pour mission officielle de faire progresser la compréhension scientifique de la technologie tout en éclairant les délibérations de l’ONU.

Il est vraiment important de distinguer les choses que l’on sait de ce qui pourrait être extrapolé. Le problème lorsqu’on se met à parler très fort, c’est que quelqu’un d’autre peut aussi se mettre à hausser la voix.

Yoshua Bengio, co-président du comité

Cette approche prudente vise à éviter que des spéculations ne dominent le débat public au détriment des preuves scientifiques établies par les experts du comité.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.