Le commissaire de la MLS, Don Garber, a visité le Stade olympique de Montréal ce jeudi pour exiger que le gouvernement québécois complète les rénovations de l’infrastructure. Alors que le toit sera remplacé d’ici fin 2027, l’absence de modernisation de l’intérieur menace l’adaptation du CF Montréal au nouveau calendrier hivernal de la ligue.
Pour le CF Montréal, l’enjeu dépasse la simple logistique. Le club évolue actuellement au Stade Saputo, une enceinte dont la capacité est limitée à environ 22 500 spectateurs. Cette restriction plafonne les revenus de billetterie lors des rencontres à forte demande, comme les matchs de séries éliminatoires ou les derbys de la Conférence Est. Avec le passage à un calendrier hivernal, la vulnérabilité du Stade Saputo face aux conditions climatiques devient un risque opérationnel direct pour la gestion de la franchise.
L’urgence d’une infrastructure adaptée au calendrier hivernal
Don Garber a parcouru l’anneau au sommet du stade, contemplant l’horizon montréalais, avant de qualifier la structure de merveille d’ingénierie. Selon La Presse, le commissaire a lancé un message clair aux décideurs politiques : le travail doit être terminé pour que le stade devienne l’un des meilleurs au monde.
L’enjeu est temporel. À partir de la saison 2027-2028, la MLS basculera vers un calendrier hivernal. Sans un intérieur rénové, le Stade Saputo, qui n’est pas conçu pour l’hiver, ne pourra pas servir de refuge au CF Montréal. Jesse Marsch, l’entraîneur-chef de l’équipe nationale canadienne, a d’ailleurs exprimé son soutien à une rénovation complète pour garantir un lieu de jeu et d’entraînement adéquat lors des intempéries.
Cette préoccupation est partagée par les instances fédérales. En tant qu’entraîneur-chef de l’équipe nationale canadienne, Marsch souligne que l’absence d’une infrastructure intérieure de grande envergure à Montréal complique la planification des matchs internationaux et des camps d’entraînement qui coïncident avec les périodes de gel intense.
Ce stade peut être incroyable. Alors, finissez le travail.
Don Garber, via La Presse
Un milliard de dollars pour un toit, mais un intérieur de 1976
Le projet actuel, approuvé par le gouvernement en début d’année 2024, se concentre sur le remplacement de la toile et de l’anneau technique par une toiture rigide et permanente. Ce chantier, estimé à environ un milliard de dollars, devrait s’achever vers la fin de 2027. Pourtant, une question demeure : à quoi bon un toit neuf si l’intérieur n’a pas été retouché depuis 1976 ?

La Société de développement du Parc olympique (SDPO) est chargée de superviser la complexité technique du remplacement de l’anneau, un chantier qui nécessite une coordination étroite avec des ingénieurs spécialisés dans les structures de grande portée. Le calendrier de livraison de la toiture est étroitement lié aux cycles budgétaires provinciaux, créant une incertitude sur la capacité du stade à être pleinement fonctionnel pour la transition de 2027.
Comme le souligne Radio-Canada, cette priorité accordée à l’enveloppe extérieure laisse le confort des spectateurs et la fonctionnalité de l’enceinte dans l’ombre. Cette dépense intervient dans un contexte de finances publiques tendues, alors que la dette du Québec devrait frôler les 40 % de son produit intérieur brut une fois les travaux terminés.
Le baseball écarté des futures configurations
Alors que Montréal figure parmi les dix agglomérations favorites pour une expansion de la Ligue majeure de baseball (MLB), les plans de modernisation semblent ignorer ce sport. Des documents officiels obtenus par PassionMLB révèlent que les quatre configurations prévues pour les nouveaux gradins rétractables excluent toute option favorisant le baseball.

La MLB a confirmé qu’elle évalue actuellement plusieurs marchés nord-américains pour son expansion, et la capacité de Montréal à accueillir des matchs professionnels dépend de la polyvalence de ses infrastructures. L’exclusion du baseball des plans de modernisation intervient alors que la ligue cherche à stabiliser ses nouveaux marchés d’expansion. Pour les partisans de la MLB, l’absence de configurations adaptées dans le plan directeur de la SDPO constitue un obstacle majeur à la viabilité d’un projet de retour des Expos.

Les scénarios retenus visent les secteurs suivants :
- Spectacles (avec une capacité de pointe de 66 179 places)
- Soccer
- Football canadien
- Football américain
Les configurations retenues par la SDPO ne permettent pas l’installation des gradins nécessaires pour une visibilité optimale autour d’un terrain de baseball de format standard, contrairement aux exigences de la ligue. Cette décision soulève des interrogations sur la vision à long terme des décideurs. En ne préparant pas l’infrastructure pour le baseball, le gouvernement et la Société de développement du Parc olympique semblent envoyer un signal de désintérêt pour le retour des Expos, malgré le potentiel de croissance de la MLB dans la métropole.
Un pari risqué pour l’avenir de Montréal
Le débat s’intensifie à l’approche du 50e anniversaire de la structure en 2026. Pour certains, le Stade olympique est un gouffre financier sans fin. 98.5 Montréal rapporte que les discussions tournent autour de la pertinence même de préserver ce bâtiment dont les coûts de réparation ne cessent de grimper.
Au-delà du sport, les experts soulignent que l’incapacité de l’enceinte à accueillir des événements de grande envergure durant l’hiver limite le potentiel de revitalisation économique du secteur de l’Est de la métropole. La rentabilité du projet dépendra de la capacité du stade à devenir un centre de divertissement multisport actif douze mois par an.
Pourtant, l’ambition est là. Don Garber plaide pour que Montréal dispose d’un stade d’envergure mondiale, capable de refléter l’ambition internationale de la ville. La question n’est plus seulement de savoir si l’on peut réparer le Stade olympique, mais si l’on peut le transformer en un moteur économique plutôt qu’en un fardeau budgétaire.