L’Institut Pasteur a lancé le 11 juin 2026 le projet ACT-CHIK, doté de 15,3 millions d’euros du programme Horizon Europe. Cette initiative vise à accélérer les essais cliniques de phase Ib/III du vaccin MV-CHIK dans quatre pays africains et à préparer sa production locale via l’Institut Pasteur de Dakar.
Le candidat vaccin MV-CHIK et les essais cliniques
Le projet ACT-CHIK repose sur le développement du MV-CHIK, un vaccin vivant atténué recombinant. Cette technologie utilise la souche vaccinale Schwarz du virus de la rougeole comme vecteur pour déclencher une réponse immunitaire contre le virus du chikungunya. Ce choix technique s’appuie sur une plateforme développée à l’Institut Pasteur, dont la sécurité et l’immunogénicité ont été testées lors de six essais de phases I et II en Europe, aux États-Unis et à Porto Rico auprès de 600 adultes. L’étape actuelle consiste en un essai clinique multicentrique de phase Ib/III. L’objectif est d’évaluer l’efficacité et la tolérance du vaccin chez 940 participants. Contrairement aux études précédentes, cet essai élargit les tranches d’âge pour inclure :- Les adultes de 18 à 55 ans.
- Les adolescents de 12 à 17 ans.
- Les enfants de 5 à 11 ans.
Le défi du sous-diagnostic du chikungunya en Afrique
Le chikungunya, transmis par les moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus, provoque des fièvres brutales et des douleurs articulaires invalidantes. Selon l’Organisation mondiale de la santé, ces arthralgies peuvent persister plusieurs semaines, voire plusieurs années. Pourtant, la maladie reste largement invisible sur le continent africain. L’analyse des données de l’OMS entre janvier et septembre 2025 révèle un contraste frappant. Alors que 263 592 cas suspects et 181 679 cas confirmés ont été recensés mondialement — avec une concentration majeure dans les Amériques et en Europe — la région africaine n’a rapporté que 2 197 cas suspects et 108 cas confirmés dans quatre pays (Comores, Kenya, Maurice et Sénégal). Comme le souligne Caducee.net, ce faible volume officiel ne reflète pas la réalité du terrain. La co-circulation du paludisme et d’autres arboviroses masque souvent les symptômes du chikungunya, rendant le diagnostic biologique et la notification hétérogènes. Le changement climatique aggrave cette situation en étendant l’aire de répartition des moustiques vecteurs, augmentant ainsi le risque d’épidémies globales. Cette vigilance s’étend désormais aux pays tempérés. L’implantation du moustique tigre modifie les réflexes de diagnostic et de signalement pour les professionnels de santé, notamment en France, durant les périodes d’activité vectorielle.Le transfert technologique vers l’Institut Pasteur de Dakar

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