La règle de Martha est officiellement étendue à tous les services d’urgence et salles d’attente des hôpitaux en Angleterre d’ici mars 2028. Ce dispositif permet aux patients, à leurs proches et au personnel de déclencher un examen clinique urgent en cas de détérioration de l’état de santé.
Le système qui offre aux patients et à leurs familles le droit de demander un deuxième avis médical indépendant s’apprête à couvrir l’ensemble des services d’urgences en Angleterre. L’annonce, formulée par les autorités sanitaires, marque une nouvelle étape dans le déploiement de ce dispositif de sécurité, selon les informations rapportées par les sources institutionnelles et de presse.
Un dispositif né d’un décès évitable à l’hôpital
Le dispositif tire son nom de Martha Mills, une adolescente de 13 décédée en 2021 des suites d’une septicémie contractée après un accident de vélo. Selon les conclusions d’un coroner, la jeune fille aurait probablement survécu si elle avait été transférée en soins intensifs à l’hôpital King’s College de Londres dès l’apparition des premiers signes d’aggravation, alors même que ses parents avaient vainement exprimé leurs inquiétudes.
Sous l’impulsion de ses parents, Merope Mills (une épidémiologiste/sénior éditeur au Guardian selon The Guardian) et Paul Laity, qui ont mené une campagne de longue haleine aux côtés de groupes de réflexion (notamment soutenus par le think tank transpartisan Demos selon NHS England), le mécanisme a été conçu pour briser les résistances hiérarchiques et donner une voix directe aux familles. Les parents de la jeune fille ont souligné à maintes reprises la nécessité d’instaurer ce recours pour prévenir d’autres tragédies similaires dans les structures hospitalières.
Merope Mills et Paul Laity ont déclaré que leur fille était formidable : drôle et déterminée, dotée d’un appétit vorace pour la vie et de tant de projets et d’ambitions – ils ne sauront jamais ce qu’elle aurait accompli avec tous ses talents. C’est une mort évitable, mais la règle de Martha signifiera qu’elle n’est pas morte complètement en vain.
Merope Mills et Paul Laity, parents de Martha
L’élargissement progressif aux urgences et aux unités de soins
Depuis son introduction initiale dans les services de soins intensifs pour adultes et enfants en 2024, le dispositif a enregistré une forte mobilisation. Au cours des 16 premiers mois de mise en œuvre, les lignes téléphoniques dédiées ont reçu plus de 10 000 appels.
En juin, le protocole avait déjà été étendu à toutes les unités de maternité et de néonatalogie anglaises. Désormais, c’est au tour des services d’urgences d’intégrer le dispositif.
Modalités de déploiement et objectifs fixés par NHS England
Le calendrier prévoit un déploiement progressif à l’échelle nationale qui doit s’achever en mars 2028 (bien que le communiqué initial d’avril de NHS England mentionnait un début d’implémentation dès le mois d’avril pour au moins 100 sites). Les patients, les proches ainsi que les équipes soignantes pourront composer un numéro de téléphone dédié pour exiger un examen rapide par une équipe médicale distincte si l’état d’un patient se dégrade sans que leurs craintes initiales ne soient prises en compte.

Du côté des autorités de santé, le Professeur Aidan Fowler, directeur de la sécurité des patients au sein de NHS England, a insisté sur l’importance de cette mesure pour les usagers les plus vulnérables accueillis dans les structures d’urgence.
Les urgences accueillent certains de nos patients les plus vulnérables, de sorte que la capacité à soulever rapidement des préoccupations concernant une détérioration et à déclencher un examen rapide des soins est essentielle.
Professeur Aidan Fowler, directeur de la sécurité des patients à NHS England
Les données statistiques pour le mois de juillet témoignent d’un recours accru à cet outil de signalement, avec un total mensuel record de 1 678 appels recensés depuis la mise en place du système, confirmant l’appropriation croissante de la procédure par les usagers et le personnel soignant.