Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

Usutu : quel est ce virus tropical qui fait des ravages en Ecosse à cause des moustiques ?

Le virus Usutu a été détecté pour la première fois en Écosse en avril, provoquant la mort massive de merles sur l'île d'Arran. Identifié par des chercheurs de l'université de Glasgow, ce virus tropical est transporté par le…

La prolifération du moustique Culex pipiens en Écosse

Le virus Usutu a été détecté pour la première fois en Écosse en avril, provoquant la mort massive de merles sur l’île d’Arran. Identifié par des chercheurs de l’université de Glasgow, ce virus tropical est transporté par le moustique Culex pipiens, dont la prolifération est accélérée par le réchauffement climatique récent.

L’alerte a été donnée durant l’été 2025. Sur l’île d’Arran, située au sud de Glasgow, des habitants ont observé des comportements anormaux chez les merles locaux. Les oiseaux apparaissaient affaiblis, désorientés et présentaient des « symptômes étranges », notamment avec le « cou tordu ». Incapables de se nourrir, ils sont morts par dizaines. Selon Orange Actualités, c’est l’intervention d’une vétérinaire locale, qui a envoyé les dépouilles pour analyse plusieurs mois après les premières observations, qui a permis de confirmer la présence du virus Usutu.

La prolifération du moustique Culex pipiens en Écosse

Le vecteur responsable de cette introduction est le Culex pipiens, un insecte brun-gris mesurant entre 4 et 10 millimètres. Longtemps absent ou peu présent dans les latitudes nordiques, ce moustique trouve aujourd’hui un terrain favorable dans la campagne écossaise. Les chercheurs de l’université de Glasgow utilisent désormais des pièges et des épuisettes pour cartographier sa progression.

La prolifération du moustique Culex pipiens en Écosse
Photo: blue News

Le moteur de cette expansion est thermique. Le Culex pipiens prospère idéalement autour de 25°C, une température autrefois rare au Royaume-Uni. Comme le rapporte lesinguliersete.fr, l’année 2025 a été la plus chaude jamais enregistrée dans le pays, marquée par un record local de 32,2°C atteint en juillet à Aviemore, dans les Highlands.

La prolifération du moustique Culex pipiens en Écosse
Photo: La Libre.be

« Si vous m’aviez demandé il y a dix ans quel était le risque de voir apparaître une maladie transmise par les moustiques en Écosse, j’aurais pensé (…) que je ne le verrais pas de mon vivant.

Ce dérèglement thermique rompt un équilibre biologique ancestral. La survie du virus à l’intérieur de l’insecte dépend directement de la chaleur ambiante.

« Par temps froid, les moustiques ne transmettent pas de maladies car la température est insuffisante pour que le virus puisse survivre à l’intérieur du moustique. La transmission est donc impossible.

Risques pour l’homme et lien avec le virus du Nil occidental

Si l’impact sur l’avifaune est immédiat, la menace pour la population humaine reste, à ce jour, limitée. Une étude publiée fin 2024 dans la revue Viruses ne recense que 235 cas humains dans le monde. Cependant, les scientifiques considèrent l’arrivée de l’Usutu comme un indicateur avancé.

Montpellier : premier cas d’infection humaine au virus Usutu

D’après La Libre.be, l’Usutu est souvent le premier signe avant l’apparition de pathologies plus sévères dans d’autres régions d’Europe continentale, notamment le virus du Nil occidental. Ce dernier, capable d’affecter gravement la santé humaine, a déjà été détecté dans des moustiques britanniques en mai 2025.

Face à ce constat, l’université de Glasgow a lancé des tests en laboratoire pour analyser les mécanismes de transmission. L’objectif est de comprendre comment ces virus passent des insectes aux animaux, puis potentiellement à l’homme, afin de mieux préparer le système de santé publique.

Un historique de ravages aviaires et menaces d’extinction

Le virus Usutu n’est pas nouveau, mais son extension géographique l’est. Identifié pour la première fois en 1959 au Swaziland (actuel Eswatini), il circule en Europe depuis les années 2000. Jusqu’à récemment, le froid protégeait les régions nordiques. Désormais, le virus s’aventure plus au nord que jamais.

Un historique de ravages aviaires et menaces d'extinction
Photo: Orange Actualités

L’histoire du virus montre une virulence particulière envers les oiseaux. Comme le souligne blue News, l’Usutu a déjà provoqué des hécatombes de merles en Autriche en 2001 et en Europe de l’Est en 2018. Outre les merles, le virus touche les chouettes, les rapaces et divers passereaux.

Le risque à long terme est l’extinction de certaines espèces. Les biologistes citent l’exemple d’Hawaï, où l’introduction du Culex quinquefasciatus, un cousin tropical du Culex pipiens, a transmis le paludisme aviaire. Cette invasion a conduit à la disparition d’oiseaux comme le Poʻouli et force d’autres espèces, tel l’Iʻiwi au plumage rouge, à migrer vers des altitudes plus élevées pour échapper aux moustiques.

Pour les chercheurs écossais, l’apparition de l’Usutu sur l’île d’Arran est un « signal d’alarme ». La modification rapide des zones climatiques transforme des régions autrefois sûres en zones de transmission pour des virus tropicaux.

Note : Cet article est fourni à titre informatif. Pour toute question relative à votre santé ou à des symptômes suspects, veuillez consulter un professionnel de santé qualifié.

Find more reporting in our Santé section.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.