Les modalités de la subvention Fit for the Future
Le CIO a alloué un fonds de 140 millions de dollars par Olympiade pour financer ce programme. Selon Radio-Canada, cette somme sera versée sans égard au résultat sportif, afin de soutenir la carrière des athlètes ou leur reconversion professionnelle.
L’accès à cette aide est conditionné par des critères d’admissibilité stricts. Sont éligibles les athlètes détenteurs d’une accréditation « Aa » qui n’ont commis aucune infraction aux règles antidopage, au Code d’éthique du CIO, à la Charte olympique ou aux conditions de participation aux Jeux. Les participants aux Jeux olympiques de la Jeunesse sont explicitement exclus du dispositif.
Le calendrier de déploiement s’établit comme suit :
La distribution s’effectuera via les structures existantes des Comités Nationaux Olympiques (CNO). Le CIO précise que ce fonds ne réduira pas le soutien financier déjà alloué aux CNO, aux Fédérations Internationales (FI), aux comités d’organisation des Jeux olympiques (COJO) ou à la Solidarité Olympique. Si un athlète choisit de ne pas demander la bourse, les fonds seront réinjectés pour bénéficier aux futures générations.
Une stratégie globale pour la pertinence du mouvement olympique
L’annonce s’inscrit dans le cadre du processus « Fit for the Future », présenté lors de la 146e Session du CIO. Cette orientation stratégique vise à maintenir la solidité et l’influence du mouvement olympique à l’horizon 2032.
Ce plan est le résultat d’une vaste consultation nommée « Pause and Reflect », ayant mobilisé plus de 2 200 athlètes et représentants, ainsi que des membres du CIO, des fédérations internationales et des détenteurs de droits médias. La stratégie s’articule autour de cinq axes majeurs :
Parallèlement à l’aide financière, le CIO a approuvé des amendements à la Charte olympique pour moderniser la gouvernance du programme olympique et renforcer le principe de neutralité.
Le virage politique de Kirsty Coventry
L’adoption de cette bourse marque un changement de position notable pour la présidente du CIO, Kirsty Coventry. Selon La Presse, Coventry avait affirmé le mois dernier ne pas croire « à la rémunération des athlètes », déclarant même qu’on ne leur donnerait jamais rien.
L’ancienne nageuse zimbabwéenne a tenté de nuancer ses propos en précisant qu’elle visait les primes aux médaillés, qu’elle jugeait injustes pour les autres participants. Mercredi, elle a assumé ce retournement de situation.
« C’est un sujet dont on parle depuis de nombreuses années, et je suis extrêmement fière que nous soyons désormais en mesure de le faire »
Kirsty Coventry, présidente du CIO
Certains observateurs y voient une manœuvre politique. Dominick Gauthier, cofondateur de la fondation B2Dix, a souligné en entretien que ce geste est un « bon pas vers l’avant », tout en s’interrogeant sur la stratégie initiale de la présidente. Il avait précédemment suggéré l’utilisation de 5 % des revenus du CIO pour offrir des bourses de 20 000 dollars.
Reconnaissance du sacrifice versus rémunération professionnelle
Le CIO insiste sur le fait que cette aide n’est pas un salaire. Pau Gasol, membre du CIO et représentant des athlètes, a été très clair sur la nature de ce fonds lors de l’annonce relayée par Olympics.com.
« Il ne s’agit pas d’un prix en espèces. Il s’agit ici de mettre en avant le parcours et l’engagement nécessaires pour devenir un olympien ou une olympienne. »
Pau Gasol, membre du CIO
Cette approche contraste avec d’autres modèles de récompense. Sebastian Coe, président de World Athletics, avait supervisé l’attribution de 50 000 dollars aux champions d’athlétisme lors des Jeux de Paris 2024. Si Coe a salué la politique de Coventry, le débat sur le partage des revenus persiste.
L’enjeu pour les athlètes dépasse désormais la simple aide ponctuelle. Pour des sportifs comme le skieur acrobatique Dylan Deschamps, cette somme représente un soutien concret, comparable à « un été de travail ». Cependant, pour Dominick Gauthier, la prochaine étape logique est l’instauration d’un véritable partage des revenus, à l’image des ligues professionnelles mondiales, afin de refléter la richesse générée par le CIO.
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