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Trials of two Ebola treatments to start in DRC next week: WHO

Les États-Unis et l'Organisation mondiale de la santé lancent, dès la semaine prochaine en République démocratique du Congo, des essais cliniques pour deux traitements antiviraux contre la souche Ebola Bundibugyo. Cette intervention vise à réduire la mortalité alors…

L'arsenal thérapeutique : MVPC 134 et remdesivir

Les États-Unis et l’Organisation mondiale de la santé lancent, dès la semaine prochaine en République démocratique du Congo, des essais cliniques pour deux traitements antiviraux contre la souche Ebola Bundibugyo. Cette intervention vise à réduire la mortalité alors que l’épidémie dépasse les 1 000 cas et 270 décès dans le nord-est du pays.

L’urgence est dictée par l’absence de vaccins ou de traitements approuvés spécifiquement pour la souche Bundibugyo, responsable de la crise actuelle. Pour répondre à ce vide thérapeutique, le département américain de la Santé et Services sociaux a confirmé la livraison de doses de MBP134, un médicament à base d’anticorps développé par la société californienne Mapp Biopharmaceutical.

Ce déploiement marque un pivot stratégique pour Washington, qui réservait auparavant ce traitement à ses propres citoyens exposés à haut risque. Le médicament sera désormais utilisé pour des soins compassionnels et pour alimenter un essai clinique rigoureux dans les zones touchées.

L’arsenal thérapeutique : MVPC 134 et remdesivir

L’approche médicale adoptée pour cette crise repose sur une combinaison de nouvelles thérapies et de molécules déjà connues. Selon le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’objectif est d’évaluer l’efficacité de deux agents majeurs.

L'arsenal thérapeutique : MVPC 134 et remdesivir

« L’essai évaluera si le MVPC 134 et le remdesivir peuvent aider à réduire la mortalité chez les patients atteints de la maladie du virus Bundibugyo, seuls ou en combinaison »

Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS

Le remdesivir, produit par Gilead Sciences, est déjà familier des services de réanimation pour son usage durant la pandémie de Covid-19. Parallèlement, un second médicament de Gilead, l’obeldesivir, sera testé comme traitement préventif. L’OMS estime qu’environ 1 000 participants devront être enrôlés pour valider la sécurité et l’efficacité de ces protocoles, actuellement en cours de révision par les comités d’éthique en RDC et en Ouganda.

L’enjeu est double : sauver les patients actuels et générer des données pour d’éventuelles approbations réglementaires futures aux États-Unis.

Une propagation rapide et internationale

Le bilan humain s’alourdit rapidement. On dénombre actuellement 1 094 cas confirmés et 277 décès. La vitesse de propagation est alarmante ; l’Africa Centre for Strategic Studies avertit que les cas augmentent plus vite que lors de n’importe quelle épidémie d’Ebola enregistrée précédemment.

Une propagation rapide et internationale
Photo: Health Policy Watch

L’épidémie est massivement concentrée dans le nord-est de la RDC, avec plus de 97 % des cas localisés dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Toutefois, le virus a franchi les frontières :

  • Ouganda : 20 cas enregistrés, dont un cas récent lié à l’épidémie en RDC.
  • France : Un cas confirmé par le ministère français de la Santé, concernant un médecin revenant d’une mission humanitaire en RDC.

Cette extension géographique souligne la porosité des frontières et le risque permanent pour le personnel médical international.

L’expansion des capacités de diagnostic en RDC

Malgré la gravité de la situation, des progrès logistiques notables ont été accomplis en cinq semaines. Le Dr Chikwe Ihekweazu, directeur exécutif du Programme d’urgences sanitaires de l’OMS, a salué l’implication du gouvernement congolais et l’engagement des communautés locales pour identifier et orienter les malades vers les soins.

2 Ebola drug treatments successful in trials

L’infrastructure de réponse a connu une croissance exponentielle :

Indicateur Capacité initiale Capacité actuelle
Lits de traitement Moins de 10 Plus de 500 (dans 19 centres)
Tests journaliers 30 (Laboratoire central de Kinshasa) Plus de 2 000 (dans 9 laboratoires)

Ihekweazu a qualifié la mise en place de ces neuf laboratoires de « un petit miracle », précisant que ce succès ne dépend pas seulement de l’équipement, mais d’une chaîne complexe incluant l’énergie, la sécurité et le transport des échantillons.

Les obstacles sécuritaires et sanitaires

Cette montée en puissance technique se heurte toutefois à une réalité terrain brutale. Le nord-est de la RDC est plongé dans une crise humanitaire vieille de plusieurs décennies, où les chaînes d’approvisionnement sont disruptées et la méfiance généralisée.

Les obstacles sécuritaires et sanitaires
Photo: allAfrica.com

Le personnel de santé est en première ligne des risques. Abdi Rahman Mahamud, directeur des opérations d’alerte et de réponse aux urgences de l’OMS, a rapporté sept incidents ciblant directement les agents de santé. À ce jour, 82 professionnels ont été infectés : 78 en RDC et quatre en Ouganda.

« Ces incidents démontrent le véritable défi et l’héroïsme des agents de santé »

Abdi Rahman Mahamud, OMS

Tedros Adhanom Ghebreyesus a été catégorique : « l’épidémie continue de dépasser la réponse ». Il a insisté sur le fait que l’action politique est indispensable pour garantir un accès humanitaire accru et une réponse à l’échelle des besoins, alors que le traçage des contacts et les enterrements sécurisés restent des défis majeurs.

L’efficacité des essais cliniques à venir dépendra donc moins de la science des antiviraux que de la capacité des organisations internationales à sécuriser les zones d’intervention dans un environnement de guerre.

Note : Cet article présente des informations sur des traitements expérimentaux. Pour toute question médicale ou symptôme suspect, veuillez consulter un professionnel de santé qualifié.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.