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Sovereign funds move from public markets to private to ride AI wave

Les fonds souverains mondiaux ont atteint environ 15 000 milliards de dollars d'actifs sous gestion en 2025, selon un rapport de Bain & Company. Portés par l'intelligence artificielle et un pivot vers les actifs privés, ces fonds devraient…

L'ascension vers les 30 000 milliards de dollars d'actifs
Les fonds souverains mondiaux ont atteint environ 15 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion en 2025, selon un rapport de Bain & Company. Portés par l’intelligence artificielle et un pivot vers les actifs privés, ces fonds devraient doubler leur taille pour atteindre 30 000 milliards de dollars d’ici 2035.

L’ascension vers les 30 000 milliards de dollars d’actifs

L'ascension vers les 30 000 milliards de dollars d'actifs
Photo: Funds Global MENA

La croissance des fonds souverains a surpassé celle de toutes les autres catégories d’investisseurs institutionnels au cours de la dernière décennie. Entre 2020 et 2025, le secteur a enregistré un taux de croissance annuel composé de 10,3 %. Cette expansion s’appuie sur deux piliers : la performance des portefeuilles et des injections massives de capitaux étatiques.

L’origine de ces fonds varie selon leur structure de soutien. Pour les entités bénéficiant d’un appui gouvernemental régulier, les rendements financiers et les injections d’État ont contribué à parts égales, soit 50/50, à leur croissance. Ces apports publics incluent environ 890 milliards de dollars provenant d’excédents budgétaires, principalement issus des hydrocarbures, ainsi que 480 milliards de dollars de transferts d’actifs étatiques.

La concentration de cette richesse est marquée. Les dix plus grands fonds contrôlent plus de 75 % des actifs mondiaux. La répartition géographique de ces actifs se divise comme suit :

  • Moyen-Orient : 40 %
  • Asie : 40 %
  • Europe : 20 %

L’Indonésie a illustré cette tendance en lançant le superfonds Danantara avec un capital initial de 170 milliards de dollars d’actifs publics.

Le pari massif sur l’intelligence artificielle et les actifs privés

Les stratégies de déploiement du capital évoluent. On observe un glissement net des marchés publics vers les actifs alternatifs, qui représentent désormais environ 30 % des actifs sous gestion des principaux fonds, contre 20 % en 2015, d’après les analyses d’ Arab News PK.

Cette mutation se traduit par une préférence pour les investissements directs et les co-investissements, qui constituent désormais 50 à 60 % des déploiements sur les marchés privés. L’objectif est clair : réduire la dépendance aux indices boursiers classiques pour prendre un contrôle opérationnel sur les actifs.

L’intelligence artificielle s’est imposée comme l’axe central de cette stratégie. Globalement, les fonds souverains ont engagé plus de 350 milliards de dollars dans l’IA, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur : des semi-conducteurs et centres de données jusqu’aux infrastructures et applications.

« La prochaine génération de fonds souverains leaders sera définie par leur capacité à déployer le capital de manière stratégique, à créer de la valeur opérationnelle et à remplir leur double mandat de façon ciblée et durable, tout en générant des rendements de classe mondiale. »

Le pari massif sur l'intelligence artificielle et les actifs privés
Photo: Arab News PK

La stratégie d’acquisition du fonds saoudien PIF

Sovereign funds are sprinting into private markets while pensions pull back. Is that a split in…

L’Arabie saoudite utilise son fonds public d’investissement (PIF) comme fer de lance de sa transformation économique. Le PIF mène actuellement un consortium pour l’acquisition d’Electronic Arts dans le cadre d’une transaction de retrait de la cote évaluée à 55 milliards de dollars, laquelle devrait être finalisée au premier trimestre 2027, selon les données relayées par Funds Global MENA.

L’offensive saoudienne ne s’arrête pas au divertissement. La société d’IA HUMAIN, soutenue par le PIF, dirige un partenariat de 5 milliards de dollars. Ces mouvements s’inscrivent dans une volonté nationale de bâtir une économie basée sur la connaissance et de réduire la dépendance historique aux hydrocarbures.

La résilience du CCG face à la fragmentation mondiale

Dans un contexte de tensions géopolitiques et de protectionnisme croissant, les fonds du Conseil de coopération du Golfe (CCG) adaptent leur rôle. Comme le souligne le World Economic Forum, ces fonds ne sont plus de simples outils de gestion des revenus pétroliers, mais deviennent des plateformes de résilience économique.

On observe un retour marqué vers les marchés domestiques et régionaux pour stabiliser les secteurs stratégiques. Bahreïn, via son fonds Mumtalakat, illustre cette approche par des investissements diversifiés :

  • L’acquisition d’Aluminium Dunkerque, le plus grand fonderie d’aluminium primaire de l’Union européenne, pour environ 2,2 milliards de dollars.
  • La création de la Singapore Gulf Bank en 2024, associant capitaux souverains et family-offices pour soutenir le tourisme et l’emploi local.
  • Des participations dans le sport automobile, notamment via McLaren Racing.

Ce basculement stratégique répond à une nécessité : sécuriser les chaînes d’approvisionnement et diversifier les partenariats, notamment vers l’Asie, pour contrer la volatilité des marchés énergétiques et les frictions commerciales mondiales.

L’enjeu pour les dix prochaines années sera la capacité de ces fonds à équilibrer des rendements financiers élevés avec des objectifs de développement national. Le passage d’une gestion passive à une gestion active et opérationnelle marque la fin d’une ère pour les fonds souverains, qui s’imposent désormais comme des acteurs industriels à part entière.

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La résilience du CCG face à la fragmentation mondiale
Photo: The World Economic Forum

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.