Le 24 janvier 2025, le gouvernement des États-Unis a gelé les programmes d’aide étrangère, dont le PEPFAR, pour une durée de 90 jours. Selon une étude de modélisation mathématique, ce gel pourrait entraîner des dizaines de milliers de décès liés au VIH dans sept pays d’Afrique subsaharienne.
L’impact du gel du financement sur la mortalité liée au VIH
Une étude de modélisation mathématique portant sur sept pays d’Afrique subsaharienne — l’Éthiopie, le Kenya, le Malawi, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe — prévoit une augmentation de la mortalité liée au VIH suite à l’ordre exécutif américain du 24 janvier 2025. Ces sept nations regroupent environ la moitié des personnes vivant avec le VIH dans la région.
Selon les résultats de la recherche, un scénario de gel proportionnel, où l’interruption du traitement est liée à la part du financement du PEPFAR par pays, entraînerait 60 000 décès excédentaires liés au VIH [UI à 95 % : 49 000–71 000]. Dans un scénario qualifié de « réaliste », prévoyant un effondrement quasi total des systèmes en raison de la dépendance aux programmes, ce chiffre grimperait à 74 000 décès [UI à 95 % : 63 000–89 000].
Infections et scénarios de dérogation
L’étude souligne également un risque accru de nouvelles infections. Les modélisateurs indiquent que les nouvelles infections excédentaires pourraient varier entre 35 000 et 103 000 selon les différents scénarios étudiés.
Bien qu’une option de dérogation limitée pour le PEPFAR ait été rendue disponible, son application à travers les programmes demeure incomplète. Les chercheurs ont évalué l’impact de la reprise du traitement via des dérogations de différentes durées :
- Un scénario de dérogation de 4 semaines projette 21 000 [UI à 95 % : 15 000–28 000] décès excédentaires.
- Un scénario de dérogation de 8 semaines prévoit 28 000 [UI à 95 % : 22 000–36 000] décès excédentaires.
Ces projections tiennent compte des délais causés par les défis organisationnels et logistiques lors de la reprise des programmes.
Méthodologie de la simulation STDSIM
Pour réaliser ces prévisions sur la période 2025–2030, les chercheurs ont utilisé STDSIM, un modèle de simulation basé sur des individus. L’analyse a comparé l’ordre exécutif à différents scénarios de reprise pour mesurer l’ampleur des pertes de santé.

L’interprétation de l’étude indique que la cessation soudaine du financement du PEPFAR entraîne probablement des dizaines de milliers de décès et de nouvelles infections. Les auteurs de l’étude affirment que ces pertes de vies et de santé devraient inciter le gouvernement des États-Unis à rétablir rapidement et pleinement l’un des programmes de santé les plus performants de l’histoire.
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