Hamish Tait, un ancien employé de garderies de 35 ans basé à Sydney, est accusé de 329 infractions liées à l’abus sexuel d’enfants, selon la Police fédérale australienne (AFP). L’identité de l’accusé a été révélée lundi après la levée d’une ordonnance judiciaire de non-publication, laquelle avait été mise en place pour protéger l’intégrité de l’enquête et permettre le processus d’identification des victimes.
Une enquête massive et des centaines de victimes
L’opération menée par l’AFP, baptisée « Operation Moonbi », a débuté en juin 2025 suite à un signalement du National Centre for Missing and Exploited Children (NCMEC) concernant un utilisateur téléchargeant des fichiers illustrant des abus sur enfants. L’enquête a nécessité l’analyse de 2,4 millions de fichiers électroniques et l’exécution de 12 mandats de perquisition.
L’AFP allègue que l’affaire implique actuellement 136 victimes, lesquelles étaient âgées d’un âge préscolaire ou primaire au moment des faits. En raison de la période prolongée durant laquelle les crimes auraient été commis, le commandant par intérim de l’AFP, Luke Needham, a précisé que certaines victimes sont désormais adultes. À ce jour, la police a contacté 121 familles en Australie et à l’étranger, tandis que 22 victimes présumées restent encore à identifier, portant le nombre total potentiel de victimes à 158.
Détails des accusations et mode opératoire
Les faits se seraient déroulés sur une période de 16 ans, entre 2009 et 2025. Bien que Hamish Tait ait travaillé ou fréquenté 62 centres de la petite enfance dans le nord-ouest de Sydney, la police allègue que les infractions ont eu lieu dans cinq établissements spécifiques, dont quatre centres de garde et sa propre entreprise.
Le décompte des 329 chefs d’accusation comprend :
- 162 chefs d’accusation de production de matériel abusif sur enfants.
- 81 chefs d’accusation de filmer une personne engagée dans un acte privé sans son consentement.
- 24 chefs d’accusation d’utilisation d’un enfant de moins de 14 ans pour la production de matériel abusif.
Le commandant Needham a précisé que l’AFP ne dispose d’aucune preuve d’agression sexuelle physique. Cependant, il a affirmé détenir des preuves que Tait a partagé du matériel illégal à l’étranger à trois reprises. Les enquêteurs cherchent toujours à identifier les destinataires de ces envois.
Saisie de matériel et procédure judiciaire
L’arrestation de M. Tait a suivi la découverte de son activité en ligne en juin 2025. Le 20 juin 2025, la police a perquisitionné une propriété à Glossodia, dans la région rurale de Hawkesbury, où 25 appareils électroniques contenant du matériel abusif ont été saisis. M. Tait a été placé en détention depuis son arrestation en juillet 2025.
Le dossier judiciaire a évolué rapidement : après des premières charges en juillet 2025, de nouvelles accusations ont été ajoutées en avril, juin et juillet de l’année suivante. Certaines des infractions reprochées sont passibles de peines allant jusqu’à 20 ans de prison.
Impact et mesures de soutien
La ministre fédérale de la Justice, Michelle Rowland, s’est dite « profondément écœurée et peinée » par ces allégations, soulignant que certains faits se seraient produits dans la zone qu’elle représente.

Face à la gravité de l’abus de confiance, l’AFP a mis en place un site internet dédié. Ce portail permet aux parents et aux tuteurs d’accéder à l’historique professionnel de Hamish Tait, d’obtenir des conseils sur les services de soutien et de savoir vers qui se tourner pour obtenir de l’aide supplémentaire.
Le commandant Needham a qualifié les faits d’« horribles », déclarant que l’abus de confiance allégué aura des « ramifications viagères pour les victimes et leurs familles ».
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