L’alliance entre Barisan Nasional (BN) et Perikatan Nasional (PN) vise à consolider le vote malais, tandis que le PH prétend avoir une chance, bien qu’étroite, de surprendre.
Une alliance BN-PN pour consolider le vote malais
Le scrutin de The Straits Times, qui oppose le Pakatan Harapan (PH) à une alliance entre Barisan Nasional (BN) et Perikatan Nasional (PN), est vu comme une opportunité de tester la viabilité d’une alliance basée sur l’unité malaise. Adib, analyste socio-politique, a déclaré à Channelnewsasia que « comment les Malais votent à Negeri Sembilan déterminera si cette alliance devrait être reproduite ailleurs ». L’analyse d’Awang Azman Awang Pawi, de l’Université Malaise, souligne que bien que le BN-PN ait l’avantage, le PH a une « chance réelle, bien que mince » d’obtenir une victoire inattendue.

Le PH profite de sa base de soutien dans les zones urbaines et mixtes, ainsi que de contests à trois côtés provoqués par la participation de Bersatu, qui pourrait fragmenter le vote malais. Cependant, Awang a souligné que « les transferts de votes convenus au niveau de la direction ne se traduisent pas nécessairement pleinement au bureau de vote ». Une victoire du PH offrirait à Anwar « un espace politique nécessaire » après sa défaite à Johor, tout en contredisant l’idée d’une baisse de soutien au gouvernement fédéral.
La crise royale et les enjeux identitaires
Le scrutin s’est déroulé dans un climat marqué par des enjeux identitaires, avec des tensions autour de la succession royale. Le chef spirituel de Negeri Sembilan, Muhriz Munawir, a organisé une réunion avec les autorités coutumières, suscitant des controverses. Le 31 juillet, le chef de l’État a convoqué une réunion pour remplacer l’Undang de Jelebu, Maarof Mat Rashad, une figure contestée. Cependant, les autorités coutumières ont remis en cause la légalité de cette réunion.
La dispute a été exploitée par le BN pour critiquer le gouvernement PH, accusé de mal gérer la situation. Le 30 juillet, le premier ministre sortant, Aminuddin Harun, a posté une vidéo affirmant être « un musulman malais », soulignant l’importance de l’identité politique. Le PH a répondu en mettant en avant son engagement envers l’Adat Perpatih, la loi coutumière de l’État, tout en lançant un rapport sur la gestion de la fondation Tabung Haji.

Les tensions se sont intensifiées avec des déclarations controversées, comme celle de Sanusi Md Nor, directeur élection de PAS, affirmant que « les Malais n’ont que le Tanah Melayu (Malaya), les Chinois ont la Chine, les Indiens ont l’Inde ». Ces déclarations ont suscité des critiques, notamment du PDG du Parti Démocratique (DAP), Anthony Loke, accusé d’ingérence dans les affaires coutumières. Le PH a répondu en mettant en garde contre un gouvernement dominé par les partis malais, attirant certains électeurs chinois.
Les dynamiques électorales et les défis
Le BN et le PN ont cherché à unifier ce vote, tandis que le PH a tenté de contrebalancer en mettant en avant l’inclusion des minorités. Cependant, des électeurs non malais ont exprimé des inquiétudes sur la focalisation sur l’identité, certains souhaitant des débats sur l’économie et les salaires.
Le BN a tenté de se distinguer en promettant une gestion économique, en comparant avec le succès de Johor. Cependant, le PH a été critiqué pour son manque d’idées concrètes, se concentrant davantage sur la réfutation des arguments de l’opposition. Des électeurs non malais ont questionné l’absence de propositions alternatives, soulignant un manque de vision claire.
Les résultats du scrutin pourront révéler les dynamiques de vote entre les coalitions, avec des électeurs ruraux et semi-urbains étant particulièrement sensibles aux enjeux coutumiers. Le scrutin de 2026 pourrait être un indicateur clé de la dynamique politique nationale, avec des implications pour les prochaines élections générales prévues en 2028.
Implications nationales et prochaines étapes
Le résultat de ce scrutin aura des répercussions sur la coalition fédérale, actuellement dirigée par le PH et le BN. Le BN a insisté sur son soutien à Anwar Ibrahim, affirmant qu’il « continuerait à travailler pour renforcer le gouvernement unitaire ». Cependant, une victoire du PN pourrait entraîner un changement de coalition à l’échelle nationale, avec le BN s’alliant au PAS plutôt qu’au PH.
Les électeurs de Negeri Sembilan, dont 11 sièges ont été gagnés avec moins de 1 000 voix d’avance en 2023, seront attentivement surveillés. Des petits changements de soutien pourraient avoir un impact significatif. Le scrutin de 2026 sera donc un test crucial pour la stabilité politique de l’État et pour la reprise du PH après sa défaite à Johor.
Les électeurs attendent maintenant les résultats pour comprendre l’évolution de la dynamique politique. Le scrutin a mis en lumière les enjeux identitaires, les tensions royales et les stratégies électorales, offrant un aperçu des défis à venir pour les partis politiques.
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