Ce montant exceptionnel a nécessité une dérogation ministérielle approuvée par le Premier ministre de l’époque, Sir Keir Starmer.
La sortie de Whitehall de l’ancien haut fonctionnaire Chris Wormald s’est conclue par un règlement financier sans précédent. D’après les comptes officiels du Cabinet Office, le montant total versé s’élève précisément à 859 496 livres sterling. Cette somme dépasse largement les indemnités habituelles et a obligé l’administration à obtenir une approbation spéciale au plus haut niveau de l’État.
Une dérogation ministérielle pour valider l’enveloppe de Chris Wormald
L’ampleur du chèque a nécessité des démarches administratives exceptionnelles. Cat Little, la secrétaire permanente du Cabinet Office, a dû solliciter une directive ministérielle formelle auprès de Sir Keir Starmer en février pour contourner les strictes règles de gestion budgétaire. Dans sa correspondance adressée au chef du gouvernement, la haute fonctionnaire a admis que l’enveloppe proposée était supérieure à ce que Sir Chris Wormald pouvait contractuellement prétendre.
Pour justifier cette décision malgré les réticences liées à la bonne utilisation des deniers publics, la secrétaire permanente a invoqué la nécessité de clore rapidement le dossier. Elle a estimé qu’un tel accord était nécessaire étant donné qu’il s’agit d’un départ d’un rôle unique de premier plan qui a été convenu dans des délais très brefs, tout en soulignant l’importance d’éviter toute distraction préjudiciable à l’action gouvernementale.
La composition détaillée de l’indemnité et la question des retraites
Les documents comptables détaillent précisément la répartition de cette somme record. Le total se compose de contractual compensation
à hauteur de 332 897 livres sterling et de additional severance
représentant 526 598 livres sterling.
Une grande partie de ce pactole a servi à compenser l’interruption prématurée de la carrière publique de Lord Wormald et à combler ses cotisations de retraite. Les notes explicatives précisent que l’ancien secrétaire du Cabinet a choisi de percevoir son versement de retraite par anticipation, et que la majeure partie de l’indemnité a permis de lui garantir la valeur intégrale de ses droits à taux plein, évitant ainsi la décote applicable en cas de liquidation anticipée.
Le versement intègre également une compensation financière pour une période de réserve obligatoire. En tant qu’ancien secrétaire du Cabinet, l’intéressé disposait d’un accès privilégié à des informations sensibles touchant à la sécurité nationale, à la politique étrangère et à l’économie britannique. Son traitement annuel pour la période allant du 1er avril 2025 au 13 février s’est établi entre 210 000 et 215 000 livres sterling, portant son revenu total sur l’exercice à plus d’un million de livres.
Un départ précipité et des critiques politiques acerbes
Nommé en décembre 2024 avec pour mission affichée de mener à bien le recâblage complet de l’État britannique afin de concrétiser une réforme audacieuse et ambitieuse à long terme, Chris Wormald n’aura finalement passé que 14 mois à la tête de la fonction publique. Des tensions et des articles de presse récurrents concernant ses performances avaient précédé son départ par mutual agreement
en février.
Ce règlement financier pulvérise le précédent record établi lors du départ de l’ancien secrétaire permanent du Trésor, Tom Scholar, évincé par Liz Truss et gratifié de 457 000 livres sterling. L’opposition n’a pas tardé à réagir avec véhémence face à ces révélations.
Alex Burghart, port-parole conservateur pour le Cabinet Office, a déclaré que ce versement constituait un nouveau gaspillage effroyable de l’argent des contribuables de la part du Labour.
Du côté des représentants du personnel, le syndicat FDA, qui défend les intérêts des hauts fonctionnaires, a vivement critiqué les campagnes de dénigrement anonymes ayant précédé l’éviction, qualifiant la gestion de ce dossier d’un nouveau plancher historique pour ce gouvernement et ses relations avec la fonction publique par la voix de son secrétaire général Dave Penman.
Reconversion à la Chambre des lords et avenir institutionnel
Malgré les turbulences de son départ, l’ancien haut fonctionnaire a rapidement rebondi au sein des institutions politiques britanniques. Dans l’une de ses dernières décisions en tant que Premier ministre, Sir Keir Starmer a nommé Lord Wormald membre de la Chambre des lords en qualité de pair indépendant non inscrit.

Il a ensuite été remplacé à son poste de secrétaire du Cabinet par Dame Antonia Romeo, devenant ainsi le titulaire le plus éphémère de l’histoire de cette fonction ministérielle et administrative de premier plan.