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Nigérianes rapatriées volontairement de l’Ivoire

Selon les investigations de Human Rights Watch, ces organisations criminelles ciblent particulièrement le sud du Nigeria, la majorité des victimes interrogées originaires de cet État et d'autres régions déclarant provenir des États du Delta et d'Edo. Appels à…

Selon les investigations de Human Rights Watch, ces organisations criminelles ciblent particulièrement le sud du Nigeria, la majorité des victimes interrogées originaires de cet État et d’autres régions déclarant provenir des États du Delta et d’Edo.

Appels à l’action contre les réseaux de traite humaine

Pour contrer ce phénomène grandissant, l’organisation de défense des droits humains a souligné la nécessité d’une collaboration étroite entre les pays voisins de la sous-région afin de renforcer les contrôles et les efforts de lutte aux frontières. Du côté de la diplomatie, le personnel de l’ambassade du Nigeria à Abidjan a indiqué avoir déjà procédé au rapatriement d’un nombre important de femmes victimes de ces réseaux de traite, incluant des dizaines de cas recensés sur une seule année.

Le piège de la tromperie et de la servitude pour dettes

Le mode opératoire de ces réseaux repose systématiquement sur la supercherie. Les victimes interrogées ont rapporté avoir été trompées par de fausses promesses d’emploi en tant qu’apprenties coiffeuses, couturières ou pour occuper des postes dans d’autres entreprises en Afrique de l’Ouest ou en Europe. Recrutées et transportées par voie terrestre, elles transitent généralement par le Bénin, le Togo, le Ghana et le Burkina Faso avant d’atteindre la Côte d’Ivoire.

Côte d’Ivoire : 166 migrants ivoiriens rapatriés de Libye
Photo: aa.com.tr

Une fois arrivées à destination, les victimes font immédiatement face à des exigences financières abusives. Les trafiquants leur imposent des dettes exorbitantes oscillant généralement entre 1,5 et 2 millions de francs CFA, soit l’équivalent de 3 000 à 4 000 dollars américains, alors que le coût réel du transport terrestre vers le pays ne s’élève qu’à environ 100 000 francs CFA, soit 200 dollars. Cette pratique s’apparente à de la servitude pour dettes, une forme d’exploitation s’apparentant à l’esclavage.

Conditions de vie alarmantes et cas de mineures

Les victimes subissent des conditions d’exploitation extrêmes dans le centre du pays. Certaines ont déclaré devoir endurer des cadençages de travail insoutenables, allant jusqu’à avoir des relations sexuelles avec un nombre très élevé d’hommes par nuit pour des rémunérations minimes fixées à 1 000 francs CFA par acte ou 5 000 francs CFA pour la nuit entière. Ces femmes se retrouvent ainsi prisonnières de ce système pendant des périodes allant de deux à six ans sans parvenir à s’acquitter de leur prétendue dette.

Côte d'Ivoire
Photo: international-partnerships.ec.europa.eu

La situation des mineures au sein de ces réseaux suscite une vive inquiétude. Des responsables ivoiriens, nigériens et des Nations unies ont notamment documenté un incident survenu en juillet 2010 où trois jeunes filles nigérianes âgées de 17 ans, qui refusaient de se soumettre à la prostitution après avoir été piégées, ont été séquestrées dans une pièce et privées de nourriture pendant trois jours avant de réussir à s’échapper pour se rendre dans un poste de police local en vue d’un rapatriement.

Partenariats globaux et flux migratoires en Afrique de l’Ouest

Parallèlement à la lutte contre la traite des êtres humains, la Côte d’Ivoire s’affirme comme un partenaire stratégique de l’Union européenne dans la région ouest-africaine. Les relations bilatérales reposent sur des valeurs et des intérêts communs axés sur l’éradication de la pauvreté, la paix, la stabilité et le développement durable, conformément au Plan National de Développement 2021-2025 et à la stratégie Global Gateway. L’enveloppe financière nationale allouée par l’Union européenne pour la période 2021-2027 s’élève à 381 millions d’euros, complétée par divers programmes régionaux et thématiques.

Côte d'Ivoire: le défi du retour pour les migrants

La gestion des flux migratoires et la protection sociale constituent des volets centraux de cette coopération européenne. Par le passé, les questions de rapatriement ont également concerné d’autres nationalités piégées sur les routes migratoires, à l’instar de 166 migrants ivoiriens rapatriés de Libye par avion à l’aéroport d’Abidjan à l’issue d’une opération conjointe menée avec l’Organisation internationale pour les migrations et le gouvernement ivoirien, témoignant des crises migratoires complexes qui touchent la région.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.