Cette initiative vise à commercialiser un accès ultrarapide aux messages publics du président Donald Trump moyennant des tarifs mensuels pouvant atteindre 100 000 dollars.
La confrontation judiciaire est désormais engagée devant le tribunal fédéral de district du Sud de New York. D’un côté, les plaignants dénoncent une dérive financière inconstitutionnelle ; de l’autre, la société mère du réseau social défend une stratégie commerciale à forte marge destinée à redresser ses comptes.
Une plainte déposée par The Intercept Media et Freedom of the Press Foundation
La contestation juridique émane de The Intercept Media et de l’organisation à but non lucratif Freedom of the Press Foundation. Dans leur plainte conjointe déposée un mercredi, ces structures demandent à la justice de bloquer le projet de monétisation. Les plaignants estiment que le président s’expose à un enrichissement personnel en monnayant des informations gouvernementales susceptibles de faire bouger les marchés financiers.

L’action en justice attaque le dispositif sur le terrain constitutionnel. Les requérants soutiennent que le mécanisme d’accès prioritaire contrevient au Premier Amendement en portant atteinte au droit du public et des journalistes à une information officielle équitable. L’argumentation juridique étend également la contestation au Cinquième Amendement, qualifiant le système de projet d’extorsion exigeant des sommes excessives pour garantir l’égalité d’accès aux déclarations de l’exécutif.
Les poursuites visent directement Donald Trump, mais ciblent aussi plusieurs collaborateurs et entités de la présidence. Sont ainsi mentionnés dans le dossier l’assistante exécutive Natalie Harp, le chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche Daniel Scavino, ainsi que l’Executive Office of the President et le White House Office.
Les détails financiers du programme Truth API
Au cœur du litige se trouve un service baptisé Truth API, conçu pour alimenter les abonnés en flux continus et directs des publications les plus influentes de la plateforme. Annoncé le mois précédent, le mécanisme tarifaire prévoit un coût d’entrée oscillant entre 60 000 et 100 000 dollars par mois pour les clients recherchant une diffusion en temps réel.

La direction par intérim de l’entreprise assume pleinement cette orientation économique. Kevin McGurn, directeur général par intérim de la société, a publiquement mis en avant la logique de rentabilité du service dans un communiqué diffusé le 16 juillet.
Cette stratégie vise à générer des revenus réguliers à forte marge pour compenser la situation financière de la maison mère de Truth Social. La capitalisation boursière de l’entreprise a fortement chuté depuis son introduction sur les marchés en 2024 via un rapprochement avec une société d’acquisition à vocation spécifique, ou SPAC, selon les données de la procédure.
La participation financière de Donald Trump et la réaction des parties
L’impact de la valorisation boursière se répercute directement sur le patrimoine du chef de l’État. Donald Trump détient la part individuelle la plus importante de la structure par le biais d’un trust mis en place lors de son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025.
Les représentants de l’administration et de l’entreprise émettrice n’ont pas immédiatement donné suite aux demandes de commentaires formulées par la presse. Nikhel Sus, avocat principal pour Citizens for Responsibility and Ethics in Washington, organisation qui apporte un soutien juridique à l’action, a insisté sur la portée de la démarche.
L’issue de la procédure devant le tribunal fédéral de New York reste à déterminer, les plaignants maintenant leur demande d’injonction pour empêcher la mise en œuvre effective du système tarifaire.