Dix-neuf pays signataires de l’amendement de Jeddah au code de conduite de Djibouti ont approuvé la création d’une force opérationnelle combinée pour contrer la résurgence de la piraterie dans l’océan Indien occidental et le golfe d’Aden. Cette décision, adoptée le 5 août 2026, vise à protéger les équipages et sécuriser la navigation maritime.
Une recrudescence de la piraterie et la menace sur les marins
Face à une recrudescence des attaques et des actes de piraterie dans l’océan Indien occidental et le golfe d’Aden, les États riverains unissent leurs forces. La situation des équipages retenus en otage demeure au cœur des préoccupations humanitaires. Plusieurs navires, dont le MT HONOUR 25, le SWARD, le MV EUREKA et le MT ASANA, ont été la cible de ces actes criminels qui rappellent la persistance du péril maritime dans la région.
Selon Metse Ralephenya, représentant de l’Afrique du Sud et président du code de conduite de Djibouti et de l’amendement de Jeddah, ces événements démontrent que les facteurs profonds favorisant les activités illégales en mer n’ont pas été totalement éliminés au cours de la décennie passée. Les États signataires exigent la libération immédiate et inconditionnelle des marins retenus en captivité.
Metse Ralephenya a déclaré que la captivité prolongée de marins innocents à bord du MT HONOUR 25, du SWARD, du MV EUREKA, du MT ASANA et d’autres navires restait un sujet de vive préoccupation humanitaire, et les États signataires ont réitéré leur appel en faveur de la libération immédiate et inconditionnelle de l’ensemble des marins actuellement pris en otage, tout en réaffirmant que la sécurité, la dignité et le bien-être des marins devaient demeurer au centre de tous les efforts internationaux.
Dix-neuf nations coalisées sous l’égide de l’amendement de Jeddah
Le plan d’action a franchi une étape décisive le 18 août 2026, avec l’adhésion officielle de dix-neuf pays membres. La coalition rassemble Bahreïn, les Comores, Djibouti, l’Éthiopie, la France, la Jordanie, le Kenya, Madagascar, les Maldives, Maurice, le Mozambique, Oman, l’Arabie saoudite, les Seychelles, la Somalie, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, les Émirats arabes unis et le Yémen.
L’initiative émane d’une réunion extraordinaire du comité directeur tenue le 29 juillet, avant d’être validée par les points focaux nationaux des pays membres. Le cadre juridique de référence repose sur le code de conduite de Djibouti, établi en 2019 sous l’égide de l’Organisation internationale pour les migrations pour lutter contre la criminalité maritime dans le golfe d’Aden et l’océan Indien occidental.
Création d’une force combinée et méthode des « sea-riders »
Pour répondre à la détérioration sécuritaire, le comité directeur a recommandé la mise en place d’une force opérationnelle combinée sous la supervision du groupe de travail 3, dédié à la coordination et à la coopération en mer. Le modèle s’inspire des avancées observées dans le golfe de Guinée dans le cadre du code de conduite de Yaoundé.

L’une des innovations majeures de ce dispositif consistera à embarquer des officiers des États côtiers — baptisés « sea-riders » — à bord des navires de guerre patrouillant dans la zone. Cette mesure doit renforcer l’interopérabilité, améliorer la connaissance de la situation maritime et faciliter l’exercice de l’autorité d’application de la loi par les pays participants.
Articulation avec les forces navales internationales existantes
Les autorités régionales insistent sur le fait que cette nouvelle structure n’a pas vocation à se substituer aux opérations déjà déployées. La force combinée travaillera en synergie avec les forces maritimes combinées, la force opérationnelle combinée 151, l’opération navale européenne EU NAVFOR et les missions nationales indépendantes.

En parallèle, le groupe de travail 3 a reçu pour mission de concevoir un cadre juridique régional destiné à faciliter le transfert, l’enquête et la poursuite des suspects de piraterie dans le respect des législations nationales et des garanties procédurales. L’ensemble des propositions et des livrables techniques sera soumis au comité directeur avant d’être présenté lors de la neuvième réunion de haut niveau du code de conduite de Djibouti en vue de son adoption finale.