Le 18 août 2026, des développeurs d’Xbox ont manifesté dans neuf villes d’Amérique du Nord pour protester contre les milliers de suppressions de postes annoncées par Microsoft. Le syndicat OneBGS dénonce la fin d’une culture de stabilité et pointe du doigt un manque de dialogue social face aux restructurations.
La vague de restructurations qui secoue la division jeux vidéo de Microsoft continue de mobiliser les salariés. Des rassemblements coordonnés, baptisés « Save Our Devs », se sont tenus le 18 août 2026 dans neuf municipalités des États-Unis et du Canada. Ces actions, portées par le syndicat OneBGS — qui représente Bethesda Game Studios — et par les Communications Workers of America (CWA), répondent à un plan d’envergure prévoyant la suppression d’environ 3 200 postes au sein d’Xbox.
Sur ce total, 1 1600 postes ont déjà été éliminés lors d’une première phase, tandis que le reste des coupes doit s’étaler jusqu’à la mi-2027. Les effectifs syndiqués affiliés au CWA au sein de la division représentent désormais près de 4 000 salariés, englobant des développeurs, des artistes, des ingénieurs, des producteurs, des chercheurs et des équipes de support travaillant notamment sur des franchises majeures telles que Call of Duty, Overwatch et Warcraft.
Des mobilisations répétées et un climat social sous tension
Ce mouvement de contestation s’inscrit dans la continuité d’une précédente journée de mobilisation menée le 15 juillet. Des centaines de salariés avaient alors manifesté simultanément sur six sites d’studios détenus par Xbox répartis dans quatre villes. Cette action faisait suite à une charrette de licenciements ayant frappé 440 salariés syndiqués au sein de Bethesda Game Studios, de ZeniMax Online Studios, d’id Software et des équipes corporatives de ZeniMax.
Face à cette situation, les représentants syndicaux dénoncent la méthode employée par la direction et le non-respect des engagements en matière de négociation.
La fin de l’ère de stabilité et la perte de savoir-faire
Pour les salariés de longue date, le contraste avec la période précédant le rachat par Microsoft est saisissant. Sous la propriété exclusive de ZeniMax, les licenciements étaient extrêmement rares, au point de nourrir chez de nombreux collaborateurs le projet d’y achever leur carrière.

Alex Nguyen, artiste principal des personnages chez Bethesda, a indiqué via Notebookcheck qu’il n’y avait pas de licenciements auparavant, et que désormais, il y en avait tous les ans.
L’artiste a également insisté sur le fait que ces réductions d’effectifs ne touchent pas de prétendues structures de gestion intermédiaire, mais bien les équipes de terrain qui conçoivent directement les logiciels.
Des propositions ignorées et une plainte déposée
Le dialogue social semble particulièrement bloqué. Selon Nathan Hahn, le syndicat avait anticipé les difficultés financières et organisationnelles en soumettant dès le mois de février une proposition détaillée sur la gestion d’une éventuelle réduction des effectifs. La direction aurait laissé cette note sans réponse durant quatre mois avant de mettre en œuvre les licenciements.

Pour contester cette gestion, le CWA a déposé une plainte pour pratique déloyale de travail auprès du National Labor Relations Board (NLRB). Les syndicats reprochent à l’entreprise d’avoir manqué à ses obligations de négociation, omis de transmettre les informations requises et procédé unilatéralement à des modifications de contrats. Du côté de la direction, la PDG d’Xbox, Asha Sharma, a qualifié ces coupes de « reset » nécessaire pour une structure ayant surétendu ses ambitions, tandis que OneBGS conteste cette version et pointe du doigt une décision purement opportuniste.