Cinq ans après la mort tragique de l’étudiant Ismaïla Gaoussou Diémé à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le principal suspect a été interpellé le 16 août 2026 à la frontière gambienne par la police de l’air et des frontières, selon des informations concordantes rapportées par la presse sénégalaise.
L’enquête sur l’homicide d’Ismaïla Gaoussou Diémé, survenu le 25 mars 2021 au campus social de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, vient de franchir une étape décisive. Le suspect recherché depuis plus de cinq ans a été appréhendé au poste frontalier de Karang alors qu’il tentait de quitter le Sénégal pour rejoindre la Gambie.
L’interpellation du suspect à la frontière gambienne
L’individu interpellé, identifié par ses initiales A.S. ou désigné comme le nommé A. Sarr, est âgé de 30 ans et résidait initialement aux HLM Grand Yoff. Selon les précisions fournies par la police nationale, une opposition de sortie du territoire national avait été émise par le Commissariat d’arrondissement du Point E afin de bloquer ses déplacements.
Après une longue période passée à l’étranger dans l’espoir que la procédure serait abandonnée, le suspect était rentré clandestinement au Sénégal en contournant les contrôles frontaliers. C’est finalement le 16 août 2026, au moment de repasser la frontière, qu’il a été intercepté par les forces de l’ordre avant d’être transféré à la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar.
Une rixe mortelle entre mouvements étudiants à l’UCAD
Le drame trouve son origine dans une violente altercation éclatée le 25 mars 2021 devant le Pavillon E du campus social de l’UCAD. La confrontation a opposé deux groupes d’étudiants : le mouvement « Kékendo », dont les membres sont originaires de la Casamance, et le mouvement culturel sérère « Ndéfleng », d’après les investigations menées par la Sûreté urbaine.
Au cours de cette bataille rangée, Ismaïla Gaoussou Diémé a reçu de graves blessures à l’aide d’une arme blanche. Évacué en urgence à l’Hôpital Principal de Dakar, il a succombé à ses blessures peu de temps après son admission.
Les témoignages et la reconstitution du dossier par la Sûreté urbaine
Dès le début de la procédure, le frère germain de la victime a déposé une lettre de plainte au commissariat du Point-E accompagnée d’un dossier comprenant le certificat de genre de mort, le rapport médical, l’avis de décès et le certificat aux fins d’inhumation. Sur instruction de sa hiérarchie et du procureur de la République, la Sûreté urbaine de Dakar a repris le dossier et auditionné plusieurs témoins clés de l’altercation.

Sane, A. Ndiaye et A. Bassene, ont formellement désigné le mis en cause comme membre du mouvement « Ndéfleng » et l’un des participants actifs aux violences, l’identifiant comme étant en possession d’une machette ou d’un sabre au moment des faits. Entendu sommairement par les enquêteurs, le suspect a reconnu avoir pris part à la bataille rangée, tout en contestant farouchement être l’auteur des coups mortels et en affirmant avoir quitté le pays lorsqu’il avait été désigné comme l’auteur des blessures.
À l’issue de l’enquête menée par la sûreté urbaine, une procédure a été ouverte contre A. Sarr, qui a été présenté ce vendredi au procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar, tandis que l’enquête se poursuit.