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Cardiologie féminine : plus de la moitié des décès cardiovasculaires en France concernent des femmes

Les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de mortalité chez les femmes en France et en Europe, touchant un public de plus en plus jeune.

Cardiologie féminine : plus de la moitié des décès cardiovasculaires en France concernent des femmes

Les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de mortalité chez les femmes en France et en Europe, touchant un public de plus en plus jeune.

L’accident cardiaque qui a frappé l’actrice Carrie Fisher a rappelé que la pathologie cardiaque ne frappe pas seulement les hommes. Derrière ce constat public se cache une réalité statistique lourde : en France, sur les 147 000 décès annuels attribués à une affection cardiovasculaire, plus de la moitié frappent la population féminine, d’après les données de la Fédération Française de Cardiologie.

Une augmentation marquée chez les femmes de moins de 50 ans

La maladie recule rarement par elle-même, et sa progression chez les sujets jeunes inquiète les spécialistes. Sur les quinze dernières années, les cas d’infarctus chez les moins de 50 ans ont même été multipliés par trois.

À l’échelle européenne, le déséquilibre persiste.

Des facteurs de risque amplifiés par le mode de vie et les hormones

Cette progression s’explique principalement par la convergence des modes de vie. Tabagisme, consommation d’alcool, sédentarité, alimentation déséquilibrée, surpoids et stress constituent des facteurs de risque majeurs.

Le risque s’accroît de façon spectaculaire lorsque le tabac est associé à une contraception contenant un œstrogène de synthèse, une combinaison qui multiplie par trente le risque d’infarctus selon la Fédération Française de Cardiologie. De plus, l’allongement de l’espérance de vie place les femmes en période de ménopause pendant une partie de leur existence, une phase de vulnérabilité accrue face aux pathologies cardiaques.

Symptômes atypiques et prise en charge retardée

Au-delà de cette vulnérabilité biologique, les patientes font face à des retards de prise en charge.

Les signes cliniques féminins se révèlent souvent plus discrets — suées, nausées, palpitations ou difficultés respiratoires —, ce qui conduit trop souvent à les assimiler à de la simple fatigue ou à des troubles digestifs. En moyenne, la prise en charge d’un infarctus intervient une heure plus tard chez les femmes que chez les hommes.

Les femmes présentent également un risque accru de décès ou de récidive au cours de l’année suivant l’accident.

La Fondation Recherche Cardio-Vasculaire souligne que les femmes, malgré des troubles importants, sont souvent considérées comme à risque inférieur et ont moins accès aux examens, aux soins ou bénéficient de traitements trop faiblement dosés lorsque la pathologie est diagnostiquée en phase aiguë ou chronique.

Recommandations de prévention et perspectives sanitaires

Face à ce constat, les autorités sanitaires et les associations insistent sur la nécessité d’une vigilance ciblée. La Fédération Française de Cardiologie recommande de porter une attention renforcée aux trois grands tournants hormonaux que sont la contraception, la grossesse et la ménopause.

La Fondation Recherche Cardio-Vasculaire préconise pour sa part un dépistage précoce chez toute femme présentant des facteurs de risque, ainsi qu’un test d’effort pour celles qui souhaitent reprendre une activité sportive après l’âge de 45 ans. Sur un plan plus global, l’Organisation mondiale de la santé rappelle que l’inégalité entre les sexes demeure un facteur déterminant des résultats de santé inéquitables, englobant les risques sanitaires majeurs qui pèsent sur les femmes tout au long de leur vie, du VIH aux affections maternelles et aux maladies non transmissibles documentées par l’agence internationale dans ses rapports sur la santé des femmes.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.